Jean-Pierre Allali vient de nous quitter et avec lui tout un pan de notre histoire juive contemporaine et de l’histoire des Juifs de Tunisie…
Il y a un an pile, au bout des planches de Deauville, je l’avais croisé au soleil, en terrasse d’un restaurant de plage. J’avais tenu à le saluer mais je n’étais pas resté longtemps auprès de lui pour ne pas l’importuner car il était en famille.
Jean-Pierre Allali m’avait accueilli avec un grand sourire et m’avait souhaité de bonnes vacances normandes… Un sourire de toute éternité qui éclairait si souvent le visage de ce natif de Tunis.
Touche-à-tout intellectuel, prof de maths puis universitaire, journaliste et écrivain, Jean Pierre fut le rédacteur-en-chef de « La Terre Retrouvée » puis de « Tribune Juive ». Il a collaboré avec de nombreux médias dont le « Journal de l’Association des Médecins Israélites de France », « Les Cahiers Bernard Lazare », « Tribu 12 » ou encore « Lev Ha’ir ».
Récemment encore vous pouviez retrouver dans la newsletter du CRIF, dont il était l’un des membres éminents, ses chroniques gourmandes de la littérature. Toujours brillantes… Lire la suite
Crédit photo : © Alain Azria

- Les travaux du plus important historien du judaïsme libyen sont désormais accessibles
Mordechai Ha-Cohen (1856-1929), qui fit ses études dans une école religieuse de Talmud Torah à Tripoli, devint l’historien et documentariste le plus important du judaïsme libyen au début du XXe siècle. Il publia un ouvrage,
Higgid Mordechai , correspondit avec divers érudits juifs et publia des articles dans des journaux juifs. Ses lettres et articles sont désormais consultables dans les archives de la Bibliothèque nationale d’Israël, écrit Harvey E. Goldberg dans Sephardic Horizons, volume 15, numéro 2 (été 2025) :
Durant son séjour à Tripoli, Ha-Cohen a été témoin de progrès technologiques rapides : services d’eau et d’assainissement accessibles, courrier régulier en provenance de l’étranger et services télégraphiques.
Parallèlement, lui et la communauté juive au sens large ont été progressivement exposés à la culture juive et à la culture internationale. Son livre reflète délibérément la littérature et la langue des Lumières hébraïques d’Europe de l’Est, comme en témoigne le choix des sujets abordés. Il a loué les valeurs des Lumières tout en défendant les positions juives traditionnelles. Ha-Cohen se considérait comme un partenaire dans l’effort de revitalisation de la langue hébraïque et a même suggéré de se tourner vers l’arabe pour renouveler les mots d’une langue autrefois en sommeil.
Cette perspective a également influencé son approche de la recherche. Sa vision panjuive s’exprimait dans des lettres écrites en hébreu qu’il envoyait à des journaux étrangers. On possède plus de 80 articles documentés de sa main, publiés entre 1897 et 1914, principalement pour les journaux Ha-Herut et Ha-Yehudi (publiés à Londres), dans lesquels il rendait compte de l’actualité en Libye et de divers autres sujets. Lire la suite

- Un lieu de culte du IVe siècle serait l’une des premières synagogues d’Espagne
Les lampes à huile ornées de menorah et éléments architecturaux découverts dans la ville romaine de Castulo suggèrent que le bâtiment n’était pas une église mais une synagogue.
Le bâtiment du IVe siècle situé dans la ville ibéro-romaine de Cástulo, dans le sud de l’Espagne, que les experts associaient jusqu’à présent au culte paléochrétien, pourrait en fait avoir été une synagogue, estime un collectif d’archéologues espagnols.
Dans un article publié le mois dernier dans la revue Vegueta, les chercheurs expliquent que certaines caractéristiques de la structure sont pour le moins inhabituelles pour une église, sans compter la présence d’artefacts juifs à proximité.
« Situé sur la rive droite du fleuve Guadalimar, Cástulo était l’un des plus importants centres du sud de la péninsule ibérique dans l’Antiquité, à la fois pour la taille de son enceinte fortifiée (50 hectares) et sa position stratégique », explique par courrier électronique au Times of Israel Bautista Ceprián del Castillo, l’un des co-auteurs de cet article.
La ville se situait alors au carrefour de nombreuses et importantes routes commerciales et avait accès à des ressources naturelles essentielles, à commencer par le fer, l’argent ou encore le cuivre.
Les chercheurs ont commencé à envisager la possibilité d’une présence juive à Cástulo il y a de cela une quinzaine d’années, précise Ceprián, dans le sillage de la découverte d’artefacts révélateurs à proximité du bâtiment, quelques années plus tôt : il s’agissait de trois lampes à huile brisées ornées d’une menorah à sept branches, d’un fragment de tuile avec une menorah à cinq branches et d’une inscription en hébreu, à l’encre, sur le couvercle d’un contenant de stockage. Lire la suite
- Les juifs en Algérie – par R.V Calatayud
Dans le cadre de l’Université du Temps Libre de Tarbes et de Bigorre (UTL-TB), Roger-Vincent CALATAYUD nous propose un cycle de 3 conférences portant sur l’Algérie. Il commence ici par le regard qu’il porte sur : LES JUIFS EN ALGÉRIE. ( Vidéo )

- Les Juifs ont été spécifiquement ciblés dans la guerre d’Algérie
Le 7 octobre a-t-il vraiment été le plus grand massacre de Juifs depuis l’Holocauste ?
Depuis 2015, des preuves concluantes ont émergé : le massacre de Juifs le plus important et le plus barbare de l’après-guerre a eu lieu pendant la guerre d’indépendance algérienne. L’armée algérienne aurait brûlé, émasculé et exécuté de sang-froid entre 1 000 et 2 000 Juifs – individus et familles entières. Nombre d’entre eux ont disparu. Ces atrocités ont eu lieu entre 1954 et 1962, tout au long de la guerre, et se sont poursuivies jusqu’en 1963. Selon Karim Serraj, dans son article de mars 2025 paru dans la Tribune , ces incidents ont été rigoureusement documentés en 2015 dans un ouvrage collectif initié par une douzaine de chercheurs universitaires : « Les Juifs d’Algérie : une histoire de ruptures » (Presses universitaires de Provence).
La guerre coloniale la plus sanglante de l’histoire française a coûté la vie à plus d’un million de personnes. Depuis 1830, l’Algérie était plus qu’une colonie française : elle faisait partie intégrante de la France métropolitaine. Elle comptait une importante population de « pieds noirs », ou colons européens. Cette guerre opposait les combattants indépendantistes du FLN à l’armée française et au groupe paramilitaire pro-français, l’OAS, qui représentait les « pieds noirs ».
Bien que nominalement français, les Juifs algériens étaient pris entre deux chaises. Au début, ils refusaient de choisir un camp. L’OAS était aussi féroce que le FLN. Mais en 1961, les attentats et les assassinats les convainquirent de rejoindre les « pieds noirs ». À l’approche de l’indépendance algérienne, presque tous, sauf 6 000 Juifs sur 130 000, s’enfuirent – la grande majorité se dirigeant vers la France.
On pourrait supposer que la violence du FLN n’a pas fait de distinction entre la minorité juive et les « pieds noirs ». Des attentats comme celui du « Café de la Corniche » à Alger ont tué tous ceux qui avaient le malheur de s’y trouver ou de passer – et pas seulement les Juifs.

Mais Serraj soutient que les Juifs furent spécifiquement ciblés par le FLN en raison de leur identité religieuse à partir d’août 1955. Plusieurs familles juives furent assassinées à Philippeville (aujourd’hui Skikda) et à Constantine « aux cris de ” Djihad fi sabilillah” (Djihad pour la cause de Dieu) » et aussi de « Nkatlou Yahoud (Tuons les Juifs) ». Femmes et enfants furent sauvagement abattus. Les frères Bittoun, commerçants, « disparurent » : leurs corps ne furent jamais retrouvés. La voiture de la famille Benchetrit fut interceptée : ses cinq occupants, dont trois enfants, « furent égorgés et achevés à coups de hache en quelques minutes ». Le père fut castré et asphyxié avec sa propre chair. Des synagogues furent incendiées et des rabbins attaqués ; des médecins, des bouchers et des ménagères furent éliminés. Au total, « environ 130 civils » périrent en quelques jours lors de ces pogroms coordonnés dans le nord de Constantine.
Des attaques ont ensuite visé des cibles juives, comme des cafés tenus par des Juifs à Tlemcen, Constantine et Alger. En 1956, Émile Atlan (héros juif de la Seconde Guerre mondiale) et Jacob Choukroun, chef de la communauté constantinoise, ont été assassinés. Une bombe a explosé au domicile du rabbin Isaac Aziza, le tuant ainsi que trois membres de sa famille. En janvier 1957, à Nédroma, des Juifs (dont trois enfants) ont été tués. Le grand rabbin de Médéa a été tué en mars 1957. À Alger, un commerçant juif, David Chiche, a été aspergé d’essence et incendié sur une artère très fréquentée.
En juin, neuf personnes furent tuées et 85 blessées au dancing de la Corniche, « fréquenté principalement par la jeunesse juive de Bab El Oued ». En août, toujours à Alger, la station-service Lévy explosa. À Oran, le Dr Cohen fut tué. Il était très populaire dans le quartier arabe de la nouvelle ville. Le FLN qualifierait plus tard son assassinat d’erreur. Lire la suite
- Une Histoire du Maroc
2000 icônes du Maroc pour en capter sa richesse.
« Une Histoire du Maroc » propose des frises chronologiques et pédagogiques éditées sous forme d’affiches (Posters A0). Chaque titre présente une interprétation synoptique originale du thème étudié (Maroc, Maroc Juif, ect…) par une sélection d’images, de pictogrammes positionnés sur un « ruban » symbolisant le temps. Le lecteur peut visionner l’ensemble de la fresque tout en décryptant les relations « de cause à effet » entre les différents évènements à la manière d’un sommaire. Le graphisme illustre la succession des périodes par des jeux de couleurs, de tailles et de typographies différenciées.
Nous concevons, réalisons et éditons tous les produits présentés.
La fresque voit sa partie contemporaine modifiée dans son contenu à chaque nouvelle édition. L’antiquité peut être « reformulée » à la lumière d’évènements contemporains, de nouvelles études historiques éclairantes, voire de découvertes archéologiques.
En effet, les parties « politique » et « société » ainsi que la sélection de personnalités influentes sont modifiées afin de présenter une histoire renouvelée à la lumière du présent.
Elle ne se prétend nullement exhaustive, mais a contrario, elle se nourrira de toutes critiques constructives et éclairées afin de l’affiner et de faire de sa lecture un moment de plaisir.
Si elle se veut neutre et apaisée, telle une accumulation d’icônes laissant aux lecteurs les choix de leurs propres interprétations, elle ne se voudra ni ne se prétendra en aucun cas être le support d’une idéologie politique, d’un jugement de valeur ou d’un pernicieux calcul.
La subjectivité ne se manifeste-t-elle pas partout où se tissent des relations humaines ? Cette vision originale d’Histoires du Maroc se veut être celle d’un homme, profane en la personne de Michaël SICSU. Ni historien, ni chercheur, mais tout simplement curieux et têtu en plus d’être totalement affranchi des dogmes et des conventions habituelles.
J’ai décidé de rendre ma fresque sur l’histoire juive du Maroc totalement GRATUITE & libre de droits. Vous pouvez la télécharger en 1 clic sur mon site www.unehistoiredumaroc.com
En ces temps de crise morale et de perte de repères, le + grand nombre (étudiants, musées, écoliers, citoyens) aura désormais la possibilité de saisir la richesse de ma culture si ancrée et si ancienne dans l’histoire du pays & que certains esprits toxiques, plus axés par ce qui se déroule à des milliers de kilomètres, tentent de faire passer pour du folklore.
Chaque fois qu’un pays a choisi de s’amputer de son identité juive, il s’est écroulé.
Le Judaïsme marocain vivra! – Michael Sicsu

- Les Juifs d’Afrique du Nord ont développé Jaffa avant la première aliya
Quand les Juifs ont-ils commencé à revenir en Terre d’Israël à l’époque moderne ? L’historiographie sioniste situe cette date en 1882, avec la première Aliya des Juifs russes. Mais cette vidéo de six minutes remet les pendules à l’heure : des sionistes ottomans comme le rabbin Bibas avaient déjà exercé une influence, des décennies avant l’arrivée de Théodore Herzl. La vidéo aborde également la question des Juifs d’Afrique du Nord qui ont contribué au développement de Jaffa et de Tel-Aviv. (La vidéo est en hébreu, mais vous pouvez la visionner avec des sous-titres en anglais en cliquant sur l’icône représentant une vis. Remerciements : Gideon)
Des noms comme Amzaleg, Moyal et Chelouche sont peu connus des écoliers israéliens, mais ils ont contribué de manière significative au développement du territoire et de la propriété. Ils sont enterrés au cimetière perché de Jaffa. On pourrait dire que ces individus étaient des précurseurs du sionisme plutôt que des sionistes.
Les Juifs en Israël avant le sionisme : l’ancien Yishouv (vidéo) Lire la suite

- Du bûcher d’Écija à la mémoire retrouvée par Didier Nebot
À une certaine Espagne, celle qui, malgré son propre passé, choisit aujourd’hui encore la haine et l’ignorance plutôt que la mémoire et la vérité.
A une certaine Espagne, celle qui fustige l’État d’Israël oubliant qu’il est avant tout le refuge des survivants d’un peuple traqué, banni, massacré au cours des siècles.
A une certaine Espagne qui n’a jamais fait acte de repentance pour tout le mal qu’elle a fait au Peuple du livre.
A cette Espagne-là,
Je veux rappeler le martyr d’Israël Aln’kaoua, le père d’Ephraïm, brûlé vif par les chrétiens le 6 juin 1391 dans la synagogue d’Ecija, près de Séville, car il venait d’écrire un livre : « Le candélabre lumineux » visant à rendre la Torah accessible à tous. Il est le premier mort de ces terribles massacres de 1391, un des thèmes de ce livre.
Je veux rappeler qu’après avoir brûlé Israel Aln’kaoua, qui priait dans sa synagogue, les assaillants attaquèrent ensuite toutes les villes d’Andalousie.
Je veux rappeler qu’ensuite il y eut des pogroms, les uns plus sauvages que les autres, qui s’étendirent dans toute l’Espagne, durant des mois.
Je veux rappeler que l’on compta des milliers de morts et encore plus de conversions forcées, ces dernières alimentant plus tard les bûchers de l’inquisition.
Je veux rappeler que les rois très Catholiques expulsèrent le 31 juillet 1492, dans d’atroces conditions, les derniers juifs qui avaient tenté de rester fidèles jusqu’au bout à leur foi.
Par le feu, par le sang, par la force. Honte à ceux qui ferment encore les yeux !
Vouloir effacer la mémoire du peuple qui a donné la Loi à l’humanité, c’est vouloir effacer Dieu.
« Qui détruit la Torah, détruit l’humanité toute entière. »
- Le Japon a interné les Juifs de Bagdad en Extrême-Orient
Le 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Extrême-Orient est l’occasion idéale de se pencher sur la situation critique des Juifs vivant à Singapour, en Chine, en Birmanie, en Indonésie et au Japon, et plus particulièrement sur les Juifs de Bagdad, installés dans la région depuis le XIXe siècle. Nous reproduisons ici un article sur les Juifs internés en Indonésie, basé sur les recherches pionnières de Deborah Cassrels. Il est intéressant de noter qu’il n’existait pas de camps pour Juifs au Japon. Les réfugiés juifs étaient déportés à Shanghai, où ils étaient confinés dans un ghetto.
Au XIXe siècle, les Juifs quittèrent Bagdad pour fuir les persécutions ou suivre les routes commerciales de l’Empire britannique : ils se rendirent en Inde, à Singapour, en Malaisie, en Birmanie, à Hong Kong et à Shanghai. Arrivés relativement tard dans l’archipel indonésien, ils ne s’y installèrent en nombre que lorsqu’il devint les Indes orientales néerlandaises. La communauté comptait quelques milliers de Juifs ashkénazes venus de Hollande. Mais quelque 600 Juifs bagdadites s’établirent également à Surabaya, capitale portuaire de Java oriental. Ils y menèrent une vie paisible jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

Pendant la guerre, ils furent rejoints par des réfugiés fuyant les persécutions nazies en Europe. Lorsque les Japonais occupèrent Java début 1942, la plupart des membres de la communauté furent internés parce qu’ils étaient des civils néerlandais. Au cours du second semestre 1943, la Gestapo lança des campagnes antisémites en Indonésie. Elle persuada les Japonais d’interner tous les Juifs de Bagdad simplement parce qu’ils étaient juifs.
Cet épisode méconnu a été étudié par Rotem Kowner de l’Université de Haïfa . Cependant, d’autres histoires ont été révélées grâce à une enquête de la journaliste australienne Deborah Cassrels, qui a interviewé plusieurs survivants pour un livre qu’elle écrit actuellement. Deborah était l’invitée d’une conférence en ligne sur le confinement organisée par Harif, l’Association britannique des Juifs du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.
À partir de 1943, les Juifs furent rassemblés, hommes et femmes séparés et envoyés dans quatre camps distincts. Dans l’un d’eux, les prisonniers furent contraints de construire une voie ferrée qui ne fut jamais achevée. La plupart survécurent, mais souffrirent de piqûres de moustiques infectées et de maladies comme la dysenterie amibienne. C’était un combat quotidien pour lutter contre la faim. Les prisonniers mangeaient des chiens errants, des vers, des escargots, tout ce qu’ils pouvaient trouver.
Le père d’Edward Abraham, âgé de cinq ans, est mort après avoir mangé du manioc cru, un poison potentiel. Sa mère, enceinte, a été contrainte de rester debout toute la journée à regarder le soleil sans eau ni nourriture – une punition japonaise populaire – jusqu’à ce qu’elle perde connaissance. Solomon Elias raconte comment sa sœur Hannah a été punie pour avoir échangé des bijoux contre des rations et enfermée dans un cachot infesté de rats pendant deux semaines. Le garde japonais qui l’avait aidée a été abattu. Hannah a porté les séquelles psychologiques de son calvaire toute sa vie. Lire la suite
- Farhud sera commémoré chaque année à Washington
Une première commémoration du massacre des Juifs irakiens de 1941, connu sous le nom de Farhud, qui s’est tenue en juin à Washington DC en présence de diplomates et de dirigeants communautaires, a connu un tel succès que les organisateurs espèrent en faire un événement annuel,
rapporte le Washington Jewish Week :
La cérémonie commémorative, organisée par Sephardic Heritage International DC, a été marquée par une allocution du représentant Randy Fine (R-FL) et a réuni près de 400 participants venus des États-Unis et du monde entier. Les représentants Deborah Wasserman-Schultz, Brad Schneider et Jamie Raskin étaient les parrains du Congrès.
« Nous avons eu une très belle commémoration », a déclaré Afraim Katzir, le directeur fondateur de SHIN DC, dans une interview.
Le rabbin Brian Shamash, hazzan d’un temple de New York, a dirigé les prières commémoratives lors de l’événement. Shamash a composé une liturgie « époustouflante » pour commémorer le Farhud, qui a captivé l’auditoire, a déclaré Katzir.
« C’était notre première commémoration du Congrès spécifiquement pour le Farhud… et ce fut un succès, c’est donc quelque chose que nous avons l’intention de continuer chaque année », a déclaré Katzir.
Maurice Shohet, membre du conseil d’administration de SHIN DC et conférencier principal, a discuté de l’histoire des Juifs en Irak et du Farhud, en s’appuyant sur son expérience personnelle en tant que Juif né et élevé en Irak. Lire la suite

- La quête de Ciara pour partager des histoires Mizrahi sur les réseaux sociaux
Découvrez Ciara Shalome, une jeune social media manager britannique. Elle compte plus de 95 000 abonnés sur Instagram pour Themizrahistory , un projet visant à combler un vide laissé par l’histoire des Juifs mizrahis. Ses interviews constituent désormais une impressionnante archive historique. Ses clips montrent des personnes âgées qui parlent de leur vie dans les pays arabes, tandis que des jeunes expliquent comment ils perpétuent leurs traditions. Un long article sur Ciara par Linda Dayan dans
Haaretz.
Ici, pas de politique, pas d’amertume, pas d’appel à l’action – juste des personnes qui racontent leur histoire. À travers leurs récits d’expériences, de traditions et de pratiques, ils ouvrent une porte sur l’histoire des Juifs du Moyen-Orient et du monde musulman. Ces clips font partie d’un compte intitulé « The Mizrahi Story », le projet passionné de Ciara Shalome, 26 ans, une responsable des réseaux sociaux londonienne. L’inspiration, dit-elle, lui est venue en parcourant TikTok, où elle est tombée sur une vidéo d’une influenceuse juive américaine dynamique et de ses amis partageant leurs plats juifs préférés.

« J’étais si heureuse que ces groupes juifs soient représentés, car au final, ils en ont besoin », dit-elle. Mais pour Shalome – et bien d’autres – cela ne correspondait ni à elle ni à la culture dans laquelle elle a grandi. « J’ai décidé sur-le-champ : “Écoutez, personne ne parle des Juifs mizrahim. J’ai plein d’informations inutiles en tête sur les Mizrahim, et je suis heureuse de les partager et d’en faire quelque chose.” »
Il y a environ trois ans et demi, Shalome a pris son appareil photo et a commencé à créer du contenu, d’abord sur TikTok. Elle y publiait des articles sur le partenariat commercial entre juifs et musulmans irakiens qui a permis l’arrivée de Coca-Cola en Irak, et sur l’utilisation par la famille de son petit ami de rituels babyloniens pour chasser le mauvais œil.
Dans l’une de ces vidéos, les spectateurs ont pu constater que la cuisinière de la cuisine n’avait pas été nettoyée, ce qui a suscité des commentaires. Ironiquement, ces critiques ont contribué à la viralité de la vidéo, car l’algorithme de TikTok booste le contenu avec un fort engagement. La publication a généré des centaines de milliers de vues et un afflux de nouveaux abonnés.
Mais le projet a véritablement démarré lorsqu’une amie lui a proposé de la mettre en contact avec sa mère, qui avait fui Bagdad en 1970 et parlait encore couramment le dialecte judéo-bagdadi. S’exprimant en arabe, la femme a raconté son expérience du Farhud – un pogrom antisémite d’inspiration nazie qui a eu lieu en 1941. La réaction a été formidable.
« Elle a été vue 2 millions de fois en Irak sur TikTok. J’ai failli souffrir du syndrome du canal carpien en essayant de traduire chaque commentaire », raconte Shalome.
« Mon objectif initial était que la page soit vue par les habitants du monde arabe », explique Shalome. « Bien sûr, je souhaitais que de nombreux Juifs séfarades et mizrahis se sentent représentés, mais mon objectif principal était de toucher les non-Juifs vivant dans le monde arabe. J’avais le sentiment qu’ils avaient besoin de découvrir le peuple juif qui vivait autrefois parmi eux. » Lire la suite
- Installé à NY, un bassiste israélien rentre en Israël pour renouer avec les sonorités nord-africaines
Omer Avital retourne en Israël dès que possible pour composer, particulièrement en ce moment marqué par un fort sentiment anti-Israël à New York
Lorsque l’Orchestre israélo-andalou Ashdod interprétera la toute dernière composition de jazz du célèbre bassiste Omer Avital à la fin du mois, ce ne sera pas – et de loin – leur première collaboration. Cela fait des années et des années qu’ils travaillent ensemble.

L’orchestre, placée sous la direction artistique d’Elad Levi, interprétera « North African Dream », à la fois composé et dirigé par Avital.
Musicien de jazz de formation classique, Avital a travaillé avec Elad Levi, directeur artistique de l’orchestre andalou, pour composer cette pièce pour l’orchestre lors du festival de jazz d’Ashdod de l’an dernier.
« Je connaissais tout le monde », s’amuse Avital. « C’était comme dans une synagogue marocaine. »
Cette pièce sera donc jouée en août puis en novembre, avant de prendre la route pour des dates à Paris en novembre et une tournée aux États-Unis au printemps 2026. Lire la suite
Evénements en cours ou à venir
- «The Jewish Marais», Paris – 26/06/2025

Dimanche 24 août 2025 – 15:00 -17:00
Dimanche 14 septembre 2025 – 15:00 -17:00
Dimanche 28 septembre 2025 – 15:00 -17:00
par Stéphanie Nadalo ou Anouk Colombani, guides-conférencières anglophones
Le mahJ propose une promenade en anglais dans le Marais, quartier qui abrite une communauté juive dès le XIIIe siècle. Cette visite guidée permet de découvrir rues, façades, jardins, synagogues, écoles juives ou ancien hammam, tous porteurs de l’âme, des rituels et des traditions du quartier.
- Journées européennes de la culture juive – dimanche 7 septembre 2025 de 10h à 18h – Mahj

Shebam ! Pow ! Blop ! Wizzzzz !
Journée BD au musée
Dans le cadre du festival Traversées du Marais, du 5 au 7 septembre 2025
Pour la 9e édition de son salon du livre, le mahJ propose une grande journée festive dédiée à la bande dessinée ! Genre auquel le mahJ accorde une place importante depuis sa création. En 1995, avant même son ouverture, le musée présentait, hors les murs, une exposition consacrée au chef-d’œuvre Maus d’Art Spiegelman. Suivirent quatre expositions majeures « De Superman au Chat du rabbin », « Les mondes de Gotlib », « René Goscinny. Au-delà du rire » et Joann Sfar.
Un programme riche en surprises pour toute la famille met à l’honneur la bande dessinée et le roman graphique : le salon du livre avec une trentaine d’auteurs et de bédéistes en dédicace, des rencontres dans les salles autour du dessin, des ateliers en famille, une rencontre à l’auditorium et la traditionnelle braderie de livres. Réservation
- Alfred Dreyfus. Vérité et justice du 13 mars au 31 août 2025
Près de vingt ans après sa première exposition consacrée à Alfred Dreyfus, le mahJ revient sur « l’Affaire » pour rappeler les grandes étapes de ce moment crucial de l’histoire de France, dont une des nombreuses conséquences fut la loi de séparation des Églises et de l’État. L’exposition révèle le combat acharné de Dreyfus pour faire éclater la vérité, corrigeant l’image d’un homme spectateur de la machination qui le conduisit à passer plus de quatre années à l’île du Diable et encore sept à lutter pour sa réhabilitation.
Rassemblant près de 250 documents d’archives, photographies, extraits de films et une soixantaine d’œuvres d’art – de Jacques-Émile Blanche, Gustave Caillebotte, Eugène Carrière, Émile Gallé, Maximilien Luce, Camille Pissarro, Félix Vallotton ou Édouard Vuillard –, l’exposition raconte l’Affaire « avec » Dreyfus, en le replaçant au centre du propos. Cette approche nouvelle corrige l’image d’un Dreyfus effacé. Elle révèle un inlassable combattant de la vérité, auteur de multiples écrits, dont de nombreux inédits récemment sortis de l’oubli.
Alfred Dreyfus naît en 1859 dans une famille alsacienne marquée par la défaite de 1871 et l’annexion de l’Alsace-Moselle. Fervent patriote, polytechnicien, il mène une brillante carrière militaire qui sera brisée en 1894 : injustement accusé de haute trahison au profit de l’Allemagne, il est condamné par un conseil de guerre, dégradé et déporté en Guyane.

L’exposition démonte la machination ourdie par l’état-major et illustre le virulent antisémitisme qui s’exprime en cette fin de XIXe siècle. Grâce aux nombreuses œuvres présentées, elle replace l’Affaire dans la « Belle Époque », dont elle éclaire des aspects moins connus : la diversité des réactions juives, la « naissance » des intellectuels et la riposte à l’antisémitisme. L’affaire Dreyfus avait également révélé le rôle de l’Église catholique dans la manipulation de l’opinion publique et des institutions, renforçant ainsi les arguments en faveur de la séparation de l’Église et de l’État en 1905. Quant à Alfred Dreyfus, gracié en 1899, il est réhabilité en 1906, mais ne sera pas réintégré au grade auquel il aurait légitimement pu prétendre.
Cent-trente ans après son déclenchement, l’exposition permet d’appréhender l’actualité persistante de l’Affaire, dans un contexte de regain de l’antisémitisme, alors que l’innocence d’Alfred Dreyfus fait encore l’objet de polémiques complotistes.
Cette exposition, qui a reçu le soutien exceptionnel du musée d’Orsay, s’appuie sur le riche fonds Dreyfus du mahJ, sur des prêts d’institutions – Archives nationales, Bibliothèque nationale de France, musées de l’Armée, du Barreau de Paris, Carnavalet, de l’École de Nancy, Maison Zola-Musée Dreyfus à Medan – ainsi que de collections particulières.
Commissariat : Isabelle Cahn, conservatrice générale honoraire des peintures au musée d’Orsay et Philippe Oriol, directeur scientifique de la Maison Emile Zola-Musée Dreyfus Billetterie
Nouvelles lectures

- Les pirates juifs des Caraïbes d’Edward Kritzler
Ce livre retrace la fabuleuse histoire de ces Juifs expulsés d’Espagne et du Portugal qui, au XVIe siècle, parvinrent à s’embarquer avec les grands explorateurs pour gagner clandestinement le Nouveau Monde et y devenir … pirates !
À bord de leurs navires, La Reine Esther ou Le Prophète Samuel, ces aventuriers, qui continuent de pratiquer leur judaïsme en secret, sèment la terreur parmi les galions espagnols. Continuellement persécutés, ils trouvent finalement refuge en Jamaïque, où Christophe Colomb et sa famille offrent asile aux Juifs poursuivis par l’Inquisition…
Entre chasses au trésor, conquête des Amériques et récits d’espionnage, on découvrira dans ces pages une foule de personnages hauts en couleur, comme l’extraordinaire rabbin-pirate Samuel Palache, qui monte encore à l’abordage à 60 ans passés et fonde la première communauté juive d’Amsterdam. Ou les frères Moïse et Abraham Cohen Henriques, deux corsaires partis à la recherche de la mythique mine d’or de Colomb. On y croise aussi la flamboyante figure d’Antonio-Abraham Carjaval, l’agent secret de Cromwell ; ou encore Sinan, commandant de la flotte de Barberousse et ennemi juré de Charles-Quint. Lire la suite
Édition : Éditions de l’éclat, 384 pages
- Le dernier kabbaliste de Lisbonne de Richard Zimler

Dans ce thriller érudit, qui connait un triomphe international, Richard Zimler tisse une toile machiavélique à travers les aléas de l’histoire et les secrets des textes religieux. Le Dernier Kabbaliste de Lisbonne s’ouvre en avril 1506. En pleine Inquisition, les membres de la communauté juive de Lisbonne sont contraints à se convertir au catholicisme, ceux qui résistent sont exterminés. La terreur est partout. Au coeur des massacres, on retrouve dans une salle de prière clandestine les corps nus d’Abraham Zarco, le grand kabbaliste de Lisbonne, et d’une jeune inconnue. Ils ont eu la gorge tranchée, suivant les rites du chohet, boucher qui respecte la tradition cacher. S’ensuit une passionnante enquête menée par Bérékhia, le neveu de Zarko. Celle-ci le conduit au sein d’un mystérieux groupe de mystiques auquel appartenait son oncle, le cercle des moissonneurs. Le grand kabbaliste avait-il mis au jour un complot ? Et si les clés de l’énigme résidaient dans la précieuse Haggadah, livre saint sur lequel travaillait Zarko au moment de sa mort, et qui a disparu ? Dans la lignée de Iain Pears et d’Arturo Pérez-Reverte, Richard Zimler assemble avec une habilité confondante les pièces de ce puzzle policier, construit autour d’un fait historique et religieux terrifiant. Lire la suite
Édition : Le cherche midi, 393 pages