Aharon Chelouche : pionnier séfarade et fondateur de Neve Tzedek

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Aharon Chelouche était un Juif séfarade originaire d’Algérie, connu pour ses activités de propriétaire foncier, bijoutier et changeur au sein de la communauté juive de Jaffa. Il est le fondateur de Neve Tzedek, aujourd’hui intégré à Tel Aviv.

Aharon vit le jour à Oran, en Algérie française. Sa famille migra à plusieurs reprises, vivant successivement à Haïfa, Naplouse et Jérusalem, avant de s’établir définitivement à Jaffa, où elle gagna en influence.

La famille Chelouche œuvrait également dans le secteur du fer et des carreaux et entretenait d’excellentes relations avec des familles arabes, grâce à sa maîtrise de la langue arabe.

Aharon Chelouche aida de nombreux nouveaux immigrants venus de Russie et de Roumanie à s’installer en Terre d’Israël, notamment les Biluim arrivés à Jaffa en 1882.

Grâce à son commerce d’or et d’argent, il accumula assez de ressources pour acquérir des terrains au nord-est de Jaffa. Il y fit construire la première maison située hors des remparts de Jaffa, dans un quartier appelé Manshiya. Cette maison fut détruite lors de la guerre d’Indépendance.

Plus tard, en 1887, avec l’aide de Shimon Rokah, figure importante du Vieux Yishouv, il joua un rôle déterminant dans la création du quartier de Neve Tzedek dans cette même zone. On lui attribue la fondation du premier quartier juif hors de Jaffa, précédant de plus de vingt ans les fondateurs de Tel Aviv.

En 1892, il emménagea dans sa seconde maison à Neve Tzedek, l’une des plus vastes résidences de la fin du XIXe siècle, qu’il agrandit à mesure que la famille s’agrandissait. Une synagogue y fut adossée, toujours en activité aujourd’hui. Lire la suite

  • Canastel Mémoire d’Oran Insouciance et élégance

Par Serge Dahan,
Président de l’institut Européen Du Monde Séfarade

Dans le cœur des Oranais, Canastel reste un nom qui brille.
Pour beaucoup, il évoque les “jours d’avant”, une Oran heureuse et insouciante, où la mer servait de décor à toutes les rencontres.
Le Casino de Canastel, sa piscine suspendue et ses soirées de musique, incarnaient cette « belle époque » : celle des robes d’été, des orchestres en smoking et des couchers de soleil sur la corniche.
« Quand on ferme les yeux, on revoit la terrasse du Casino, la mer bleue, les parasols, les rires et le piano. « C’était Oran. »

Perché sur la falaise, face au cap Rousseau, le Casino de Canastel était à la fois un lieu de loisirs, un lieu d’art et un lieu de vie. Le jour, on venait y nager dans la grande piscine, déjeuner sous les arcades ou descendre par le petit chemin menant aux criques secrètes. Le soir, les lampions s’allumaient, les musiciens accordaient leurs instruments, et Oran se faisait capitale de la fête.

En septembre 1960, le Casino devient le théâtre d’un événement exceptionnel : la Semaine du jazz.
Sur scène, un plateau digne de Paris ou New York : le clarinettiste et saxophoniste Mezz Mezzrow, le trompettiste et chanteur Jacques Butler, le tromboniste Billy Byers, le batteur Kansas Fields, le pianiste André Persiany, Peanuts Holland, trompettiste, Michel Attenoux, chef d’orchestre français et, selon certains souvenirs, Stéphane Grappelli.
Sous les étoiles, le swing américain rencontre la douceur oranaise.
Cette semaine-là, Canastel entre dans la légende de la musique.
« Les saxos vibraient jusque dans les criques. On dansait pieds nus sur les dalles. Le jazz avait trouvé la mer. »

Bien avant le jazz, Canastel vibrait déjà au rythme du music-hall. Des artistes mêlaient arabe, français et espagnol : Line Monty, Lili Boniche, Blond-Blond, Lili Labassi. À leurs côtés, le jeune Maurice El Médioni imposait son fameux « piano oriental », fusion de rumba, de jazz et de musique andalouse.

Canastel, c’est aussi l’écho des soirées mondaines et des visites officielles. Le 6 juin 1958, le général de Gaulle est à Oran : la ville entière s’illumine. Les témoignages racontent qu’après les cérémonies, plusieurs membres de la délégation furent invités à un cocktail improvisé au Casino. Politique et musique s’y croisaient.

À Canastel, tout le monde dansait “mieux”, la mer était “plus” bleue et la musique, forcément, « légendaire ».
Personne n’y allait pour dormir ; tout le monde y était, et chacun jure y avoir vécu la meilleure soirée d’Oran, parfois la même.

Une chose reste vraie : quand les Oranais de « l’Algérie de papa » parlent de l’atmosphère et des saveurs de Canastel, c’est toujours avec tendresse, avec un sourire… et un léger goût d’exagération.

En cette fin d’année, en mon nom et au nom des membres du Bureau, je souhaite adresser à chacun d’entre vous, chers amis de l’INSSEF, ainsi qu’à vos proches, mes vœux les plus sincères pour une belle et heureuse année 2026.

  • En Israël, des militants de pays musulmans dénoncent la menace de l’islam radical

Par le biais d’un voyage de sensibilisation à la Shoah, des dirigeants de la société civile arabe visitent les sites des massacres du 7 octobre, brisent les clichés et parlent du rôle d’Israël dans la région

Avant sa première visite en Israël en 2022, la famille d’Errachid Montassir au Maroc avait tenté de le dissuader de faire le voyage en lui prédisant qu’il serait « tué par les Israéliens ».

Malgré ces prédictions inquiétantes, l’entrepreneur en écotourisme et militant climatique de 28 ans est rentré sain et sauf de son premier voyage.

C’est dans le cadre d’une délégation de pays arabes et musulmans qu’il est revenu la semaine dernière pour promouvoir la tolérance au Moyen-Orient à travers l’enseignement de la Shoah. Cette visite fait suite au massacre perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre, au cours duquel le groupe a assassiné près de 1 200 personnes dans le sud d’Israël et en a enlevé 253 autres, qui ont été prises en otage dans la bande de Gaza.

« Ce qui m’a le plus frappé, c’est la propagande et les fake news diffusées par les médias dans les pays musulmans, qui nous font croire que les Israéliens sont des assassins », a indiqué Montassir. « Nous avons visité un kibboutz [attaqué par le Hamas le 7 octobre] et rencontré des familles qui ont vu leurs enfants mourir sous leurs yeux. Cela m’a profondément choqué. »

Ce voyage de cinq jours était organisé par Sharaka (mot arabe signifiant « partenariat »), une organisation à but non lucratif fondée à la suite de la signature des accords d’Abraham en 2020, qui favorise les contacts interpersonnels entre Israël et les Émirats arabes unis, le Bahreïn et le Maroc.

La délégation de Sharaka était composée de dix membres originaires de divers pays de la région, avec une forte prépondérance de Marocains (sept), mais aussi d’un journaliste pakistanais très en vue, d’une militante sociale engagée à la double nationalité iranienne et danoise et d’une éminente auteure canadienne ayant des racines en Égypte et à Gaza.

Le programme intensif comprenait une visite à Yad Vashem, une rencontre avec un survivant de la Shoah, des conférences sur l’antisémitisme et le conflit israélo-palestinien, une visite des communautés frontalières de la bande de Gaza et le site où a eu lieu le massacre du festival de musique Supernova le 7 octobre. La visite comportait également une visite culinaire du marché Mahane Yehuda à Jérusalem, une visite des bureaux de Microsoft a Herzliya et plus encore.

Dans le cadre du programme, les participants voyageront en Pologne à une date ultérieure pour se rendre au camp de concentration d’Auschwitz. Lire la suite

  • La Syrie approuve l’organisme pour préserver le patrimoine juif

elon l’AFP, la Syrie a annoncé avoir autorisé une nouvelle organisation dédiée à la préservation du patrimoine juif du pays. Il s’agit d’une initiative des Juifs d’origine syrienne vivant aux États-Unis. L’organisation cherchera également à restaurer les propriétés juives saisies. Cynics verrait cela comme un mouvement de relations publiques par le régime syrien, qui est soucieux d’être considéré comme légitime par les États-Unis, alors même que la guerre pourrait bientôt éclater entre la Syrie et Israël

Cette décision intervient alors que la petite communauté juive historiquement enracinée de la Syrie cherche à restaurer une présence dans le pays à la suite de l’arrivée de la nouvelle autorité gouvernementale à Damas il y a plus d’un an.

Le ministre des Affaires sociales, Hind Kabbawat, a déclaré à l’AFP que le gouvernement avait officiellement approuvé la formation de l’Organisation du patrimoine juif syrien, ce qui en fait le premier organisme officiellement autorisé axé sur l’héritage juif du pays.

“C’est un message fort de l’Etat syrien que nous ne faisons pas de discrimination entre les religions”, a déclaré M. Kabbawat.
Elle a ajouté que la Syrie « soutient tous les Syriens – de toutes les confessions et de toutes les sectes – qui veulent construire notre nouvel État ».

Henry Hamra, l’un des fondateurs de l’organisation et fils de Yosef Hamra – le dernier rabbin à avoir quitté la Syrie – a déclaré à l’AFP que la mission du groupe allait au-delà de la préservation culturelle.

“Nous allons travailler pour enregistrer les propriétés juives et restaurer celles qui ont été confisquées pendant le régime précédent”, a-t-il déclaré, soulignant que l’organisation a également l’intention de protéger, de maintenir et de réhabiliter les sites religieux juifs pour les rendre accessibles aux visiteurs juifs du monde entier.

Hamra, qui vit aux États-Unis, a rejoint la première délégation juive à se rendre en Syrie en février dernier aux côtés de son père.

Depuis lors, plusieurs groupes de Juifs syriens se sont rendus à Damas, et le président Ahmad al-Shara a rencontré une délégation de Juifs syriens à New York lors de l’Assemblée générale de l’ONU.

La Syrie a autrefois accueilli une communauté juive dynamique dont les racines remontent à des siècles avant l’ère commune. Mais les guerres régionales et les tensions politiques ont considérablement affecté leur présence.

Le conflit israélo-arabe, en particulier les conséquences de la guerre de 1967, a jeté une longue ombre sur les communautés juives de la région, y compris la Syrie. Lire la suite

  • La Syrie rouvre ses synagogues longtemps scellées alors que les rabbins israéliens effectuent une visite historique et sans précédent

Il y a environ cent ans, à cette époque, la maison familiale Confino au 97 Orchard Street aurait été remplie de sons de parler et de rire, de l’odeur de délicieuses friandises et de la chaleur de la famille. C’était plus qu’une fête, c’était une merenda – une célébration juive séfarade traditionnelle marquant la fin de Hanoukka.

Deux rabbins d’Israël ont discrètement rejoint une délégation juive à Alep, entrant dans des synagogues et une ancienne école juive qui ont été verrouillées pendant des décennies – une scène qui aurait été impensable sous l’ancien régime d’Assad. Les militants disent que c’est l’un des événements communautaires juifs les plus inhabituels que la ville a vus depuis des générations.

Le rassemblement religieux et culturel a eu lieu dans le quartier d’Al-Jemayliyah à Alep, à l’intérieur d’une synagogue et d’une école longtemps fermées, avec un deuxième arrêt dans une autre synagogue historique du quartier de Bab al-Nasr. Les sites, longtemps scellés et largement oubliés, ont été ouverts sous une sécurité étroite: les rues ont été bloquées, la circulation a été restreinte et les autorités locales ont fortement gardé la visite.

Des images publiées par l’Observatoire syrien des droits de l’homme et partagées par des points de vente juifs montrent un petit groupe debout à l’entrée de la synagogue, avec les rabbins en robe traditionnelle. Selon la SOHR, la mission de la délégation n’était pas seulement une prière symbolique, mais aussi d’enquêter sur les biens communautaires juifs et d’autres biens appartenant autrefois aux Juifs d’Alep.

La visite coïncide avec un changement de politique plus large des nouvelles autorités syriennes, qui viennent d’accorder une licence officielle à une organisation juive, la Fondation du patrimoine juif en Syrie, pour travailler au catalogage et au retour des biens juifs confisqués par les gouvernements précédents. Son président, Henry Hamra – fils du dernier grand rabbin à quitter la Syrie – a récemment rencontré le ministre des Affaires sociales du pays à Damas et a prié dans la synagogue restaurée d’al-Franj. Il dit que le groupe vise à documenter les avoirs juifs, à récupérer ce qui a été saisi et à préserver les lieux saints afin qu’ils puissent être rouverts aux Juifs du monde entier. Lire la suite

  • L’inversion morale au cœur de l’accusation de « terre volée »

Les Juifs ont été chassés d’Hébron et de la Cisjordanie avant que la guerre israélo-arabe de 1948 n’éclate; à la fin de la guerre, aucun Juif n’y est resté et à Jérusalem-Est. Mais le plus grand acte de vol collectif de terres et de nettoyage ethnique au Moyen-Orient moderne ne s’est pas du tout produit en Israël, mais dans le monde musulman plus large, écrit Kym Farnik dans La Déclaration juive.

Le récit du vol de terre juif a été en grande partie construit au milieu du XXe siècle par une convergence de la «sionologie» soviétique, de la propagande nationaliste arabe et plus tard de l’activisme palestinien. Son but n’était pas la clarté historique, mais la délégitimation politique: dépeindre l’État juif comme un usurpateur colonial plutôt que comme le produit du retour autochtone, de l’achat légal de terres et de la survie face à l’agression.

Lorsque l’histoire est examinée chronologiquement, il devient évident que les vols de terres les plus importants et les plus systématiques de la région n’ont pas été perpétrés par des Juifs contre des Arabes, mais par des nationalistes arabes et des régimes islamistes contre les communautés juives – à la fois en Terre d’Israël et dans le monde musulman au sens large.

Une maison juive abandonnée à Bagdad

Bien avant l’établissement de l’État d’Israël, les Juifs vivaient continuellement dans des villes telles que Jérusalem, Hébron, Safed, Tibériade et Gaza. Il ne s’agissait pas de colonies européennes ou de « colonies » modernes, mais de communautés anciennes enracinées dans la terre depuis de nombreux siècles, et dans de nombreux cas millénaires.

En 1929 – près de deux décennies avant l’indépendance d’Israël et près de quarante ans avant toute activité de colonisation juive dans ce que l’on appelle aujourd’hui la zone C de la Cisjordanie – la violence nationaliste arabe a conduit au nettoyage ethnique des Juifs d’Hébron et de Gaza. À Hébron, une communauté juive qui a retracé sa présence depuis des milliers d’années a été massacrée et expulsée. Les survivants ont été expulsés de force et leurs maisons et leurs biens ont été perdus. À Gaza, les Juifs ont également été chassés sous la menace de violence.

Ces expulsions n’étaient pas le résultat d’une guerre avec un État juif, ni de différends territoriaux sur la souveraineté. Ils se sont produits sous la domination britannique et étaient motivés par la montée du nationalisme arabe et de l’incitation religieuse contre les Juifs en tant que Juifs. La terre libérée par ces communautés juives expulsées n’a pas été « retournée » plus tard – elle a été violemment prise par les Arabes.

La guerre israélo-arabe de 1948 est souvent décrite comme une histoire d’agression juive unilatérale et de victimisation arabe. En réalité, la guerre a commencé lorsque cinq armées arabes ont envahi l’État d’Israël nouvellement déclaré dans le but explicite de le détruire. Les dirigeants arabes ont clairement indiqué leur intention d’empêcher toute forme de souveraineté juive dans la région. Lire la suite

  • Quitter le Liban: souvenirs d’une enfance juive à Beyrouth

Edy Cohen a grandi à Beyrouth et a été témoin de première main de la désintégration de la société libanaise, pendant une période de guerre civile et d’attaques terroristes. Sa famille a payé un lourd tribut et n’a pas eu d’autre choix que de quitter le pays. Le témoignage personnel de Cohen fait partie de la collection Sephardi Voices, maintenant hébergée à la Bibliothèque nationale d’Israël.

By Edy Cohen – ticket, CC BY-SA 4.0


« J’ai vu mon père pour la dernière fois en mars, 85.

C’était un effort coordonné – douze Juifs libanais ont été enlevés. Mon père n’était pas le seul.

Après plusieurs mois, l’organisation [le Hezbollah] a décidé d’exécuter tous les otages, à commencer par mon père, que sa mémoire soit une bénédiction, après avoir été détenu en captivité pendant neuf mois, en décembre de 85.

Edy Cohen, né à Beyrouth, au Liban, en 1972, est l’un des « témoins » qui a récemment pris part à un événement spécial à la Bibliothèque nationale d’Israël, qui s’est tenue le 30 novembre, sous le titre « Les autres réfugiés ».

Cette date du 30 novembre est maintenant officiellement mise de côté comme le « Jour pour marquer le départ et l’expulsion des Juifs des pays arabes et de l’Iran ». Pourtant, à cette occasion, il a également marqué la réception officielle de la collection Sephardi Voices à la Bibliothèque nationale d’Israël – une base de données remarquable et vraiment unique de témoignages vidéo fournis par des Juifs qui ont pu rappeler leurs expériences de leur époque vivant dans les pays arabes. Pour la plupart, ces souvenirs remontent à des décennies, souvent aux suites immédiates de l’établissement de l’État d’Israël, lorsque des centaines de milliers de Juifs ont été expulsés ou n’ont pas eu d’autre choix que de quitter le monde musulman.

Edy fait partie de ceux qui ont contribué à un témoignage vidéo. Il est parmi les plus jeunes, né bien après qu’Israël a gagné son indépendance. En effet, son cas est quelque peu différent, car le départ massif des Juifs libanais s’est produit beaucoup plus tard que dans d’autres pays. Les citations qui apparaissent ici sont tirées de son témoignage. Lire la suite

  • Yad Vashem commémore six mois de « l’enfer » tunisien-juif

Pour la première fois, Yad Vashem commémorera la rafle des Juifs tunisiens le 9 décembre 1942. Au cours de l’occupation nazie de six mois, quelque 5.000 hommes juifs ont été envoyés dans des camps de travaux forcés. On pensait que quelque 700 Juifs étaient morts au cours de cette période, y compris dans des bombardements. C’est un chapitre oublié de l’Holocauste, un enfer que les gens préféreraient oublier, l’historien Claude Sitbon raconte Tribune Juive

1. Claude Sitbon, vous participez à la commémoration organisée à Yad Vashem sur les Juifs de Tunisie pendant l’occupation allemande. Avant d’en discuter plus avant, pourriez-vous nous rappeler le contexte historique dans lequel les nazis ont débarqué en Tunisie en novembre 1942 ?

L’Allemagne nazie est intervenue en Tunisie après le débarquement allié du 8 novembre 1942, au Maroc et en Algérie. Pour empêcher les forces américaines et britanniques d’avancer vers l’Europe, Rommel et la Wehrmacht décident de transformer la Tunisie en bastion. En quelques jours, Tunis et Bizerte sont devenus des zones occupées. Les nazis ont débarqué avec leurs officiers, leurs croix gammées et leurs listes: la communauté juive a été immédiatement ciblée.

🔹 2. Quelle était la situation de la communauté juive tunisienne à cette époque ?

Une communauté vibrante, fière et large: près de 90.000 personnes. Écoles, synagogues, une élite intellectuelle et économique, des quartiers entiers où les gens vivaient à la fois juifs et tunisiens. Mais sous Vichy, depuis 1940, les signes d’exclusion étaient déjà présents: désinscription, quotas, et confiscation. L’arrivée des nazis a transformé l’angoisse en terreur.

Six mois suffisent pour laisser une marque sur une vie. Ce n’était pas une parenthèse, mais une descente en enfer. Les Juifs ont été insultés, dépossédés, battus et soumis à un travail forcé. Plus de 5.000 hommes ont été envoyés dans une centaine de camps. Dire que ce n’était pas « si mauvais », c’est nier l’humiliation, le froid, la faim, la peur. Nous avons eu la chance que l’Afrique ait été libérée avant que les trains ne commencent à circuler vers l’Europe.

🔹 4. Quelles mesures antisémites les nazis ont-ils imposées pendant cette courte période ?

L’étoile jaune a été rendue obligatoire dans certaines villes. Une amende collective de vingt millions de francs français a été infligée à la communauté. Les synagogues ont été fermées, les biens confisqués et les hommes réquisitionnés pour le travail militaire. La Gestapo contrôlait tout: ils compilaient le nom des listes par nom. Chaque jour, les Juifs tunisiens étaient pointés du doigt, punis et humiliés. Lire la suite

  • Pour la première fois, une journée nationale est organisée pour célébrer l’immigration des Juifs yéménites.

La journée officielle commémore le patrimoine yéménite et ceux qui ont péri sur le chemin d’Israël; le député de la Knesset Yonatan Mishraki: “L’histoire de la communauté juive yéménite n’est pas du folklore. C’est une histoire d’héroïsme qui devrait être enseignée dans chaque école”


Pour la première fois, Israël a célébré lundi une journée nationale officielle pour commémorer l’immigration des Juifs yéménites et pour honorer la mémoire de ceux qui ont péri dans le voyage. L’initiative a été dirigée par le député de la Knesset, Yonatan Mishraki, du parti Shas, président du Comité de la santé de la Knesset, qui a réussi à adopter la législation historique.

La loi établit une journée annuelle consacrée à la célébration du riche patrimoine de la communauté juive yéménite et de leur immigration historique en Israël, visant à relier la société israélienne aux valeurs et à la culture de cette communauté unique.

La date a été soigneusement choisie pour coïncider avec le départ du premier avion du camp de transit de Hashed à Aden vers Israël, dans le cadre de l’opération « On Eagles’ Wings » (Sur les ailes des aigles) qui a suivi la création de l’État. Environ 50 000 Juifs ont été amenés du Yémen vers Israël au cours de cette opération.

L’immigration yéménite a commencé dès 1881, dans ce qui est devenu connu sous le nom de mouvement “A’aleh BeTamar” – une référence biblique de Song of Songs symbolisant la rédemption par la foi et la persévérance. Les premiers groupes de Juifs yéménites ont fait un voyage ardu à pied pour accomplir le commandement biblique de la colonisation de la Terre d’Israël.

Au camp de Hashed, qui a été construit pour accueillir seulement 500 personnes, quelque 13.000 immigrants sont restés pendant son apogée dans des conditions extrêmement difficiles. On estime qu’entre 650 et 900 personnes sont mortes en route ou au camp.

Le président Isaac Herzog, dans un communiqué enregistré, a déclaré: «Pour la première fois dans l’histoire d’Israël, le calendrier national comprend maintenant une journée consacrée à l’immigration des Juifs yéménites – une aliyah naturelle et en cours qui est antérieure à l’État et même au mouvement sioniste plus large. En ce jour historique, l’État d’Israël regarde les immigrants yéménites et leurs descendants et dit clairement: ‘merci. Que ce jour soit un symbole d’espoir, d’identité et d’unité, pas d’effacement. » Lire la suite

Evénements en cours ou à venir

  • Rencontre exceptionnelle en avant première avec Marek Halter pour la sortie de son nouveau livre Le Juif – mardi 13 janvier 2026 à 19h30 – Une rencontre exceptionnelle animée par Haïm Musicant – ECUJE

Le héros de ce livre n’est pas Juif. Mais, circoncis enfant pour des raisons médicales, il le devient aux yeux des autres. Cette situation insolite marque sa vie et son destin.
Dans ce nouveau roman, Marek Halter entraîne le lecteur au coeur d’un tourbillon d’événements aussi inattendus que tragiques. Un voyage initiatique où l’erreur d’identité nous dévoile, peu à peu, l’essence du judaïsme. Entre récit personnel, réflexion universelle et dialogue avec l’Histoire, l’auteur explore l’identité, la mémoire et les fractures de notre temps avec une parole libre et lumineuse.

La rencontre sera animée par Haïm Musicant, dont la finesse d’analyse et l’engagement nourriront un échange vivant, exigeant et accessible à tous. Ensemble, ils ouvriront un espace de dialogue rare, où la littérature devient un lieu de pensée, de transmission et de rencontre. Réserver

CEJ COMEDY CLUBAvec la présence exceptionnelle de MICHEL BOUJENAHRéserver

Si je t’oublie Jérusalem – Dimanche 11 janvier 2026 – 16:00 -17:30 – MAHJ

par Raphaëlle Laufer-Krygier, conférencière du mahJ

Jérusalem est au cœur de la liturgie juive. De nombreuses prières l’évoquent ou la pleurent, se languissent d’elle ou rêvent de pouvoir la rejoindre.
Avec la minutie d’une enquête, la visite s’attache à découvrir dans le musée les traces de la Ville sainte, explicites ou allusives, et à comprendre pourquoi tant de chemins de l’imaginaire juif mènent à elle.

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  • Les séries Israéliennes : des mythologies contemporaines – Conférences animées par Ayelet Lilti – Nouveau cycle de conférences à partir du mercredi 7 janvier 2026 de 19h30 à 21h en ligne via Zoom

Ce cycle de conférences en hébreu facile retrace l’évolution des séries israéliennes depuis le début des années 2000. Réputées dans le monde entier pour leur qualité sans concession et leur contenu riche, elles témoignent de la force créative qui anime la société israélienne multiculturelle. Ces productions mettent en scène une gamme de représentations qui dévoilent des récits anciens et en véhiculent de nouveaux, créant ainsi ce qu’on pourrait considérer comme des « mythologies contemporaines ».

Ce cycle de conférences s’appuie sur une recherche en cours consacrée aux séries israéliennes, dans le cadre d’un ouvrage en français écrit en collaboration avec Ophir Levy, professeur de cinéma à l’université Paris VIII.

À propos d’Ayelet Lilti, enseignante d’hébreu, de littérature hébraïque et de philosophie juive à l’ECUJE, est également professeure à Sciences Po, où elle enseigne la politique des images. Inscriptions

Nouvelles lectures

  • Les trois exils, juifs d’Algérie de Benjamin Stora

L’idée de ce livre est née un matin de novembre 2004, quand Benjamin Stora, accompagné de son fils, s’est rendu pour la première fois à Khenchela, petite ville de l’Est algérien d’où vient sa famille paternelle. Voyageant entre mémoire et histoire, quête personnelle et enquête historique, il reconstitue les trois exils qui ont marqué le destin des juifs d’Algérie. En moins d’un siècle en effet, ils sont sortis par trois fois de ce qui était jusque-là leur univers familier. Ils se sont éloignés de leur vie en terre d’islam quand le décret Crémieux de 1870, faisant d’eux des citoyens français, les a mis sur la voie de l’assimilation. Ils ont été rejetés hors de la communauté française de 1940 à 1943 avec les lois de Vichy. Et ils ont quitté les rives algériennes avec l’exode de 1962. À travers cet essai historique sensible et rigoureux, enrichi de documents inédits, on découvre l’originalité de ce judaïsme algérien à la fois passionnément attaché à la République française et profondément pétri de traditions religieuses, mais aussi la complexité et les ambiguïtés des relations entre juifs et musulmans. Et l’on comprend mieux comment, dans les tensions d’aujourd’hui, quand crainte de l’islamisme et montée de l’antisémitisme se conjuguent, revient une « mémoire longue de l’inquiétude ».

Édition : Stock 232 pages LIre la suite

  • Humour et sagesse judéo-arabes, Ch’hâ, proverbes et contes de André Nahum

Depuis des siècles, toute une tradition populaire d’humour et de sagesse marque le monde de la Méditerranée.
Conteur, écrivain, André Nahum offre ici avec les farces de Ch’hâ (ou Jeha ou Goha), personnage mythique du bassin méditerranéen, une anthologie d’histoires, d’expressions et de proverbes utilisés par les juifs de Tunisie.
Certains ont été adoptés et adaptés par les juifs à partir du folklore arabe, d’autres sont spécifiquement juifs.
Ces contes et proverbes ont été recueillis, pour la plupart, auprès de personnes originaires d’Afrique du Nord et d’Egypte.
Expressions de la sagesse populaire, ils ont accompagné vingt siècles de présence juive au Maghreb, avec des alternances de bonheur et de tristesse, de crainte et d’espérance et une indéfectible confiance en Dieu.

Édition : Desclée de Brouwer, 275 pages Lire la suite

Bonnes lectures !

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