Les chansons de Pourim en judéo-espagnol

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Pourim est une fête joyeuse qui célèbre le salut des juifs de l’Empire perse vers le milieu du Vème siècle av. JC, sauvés par la reine Esther des intentions destructrices d’Aman.

Le terme pourim vient du mot accadien « pour » qui signifie « tiré au sort ». La fête de Pourim fait référence aux dés lancés par Aman, pour fixer la date propice au massacre des juifs. C’est, en effet, au cours d’une réunion entre le roi Assuérus et ses conseillers – dont le tristement célèbre Aman – que la date du 14 Adar aurait été tirée au sort pour l’anéantissement des Juifs perses.

Ce récit, relaté dans le rouleau d’Esther (Méguilat Esther), est cantillé durant l’office du soir de Pourim, avant la prise d’un repas copieux et arrosé. Pourim est également une fête carnavalesque. Il est d’usage de se déguiser, de chanter, mimer ou produire des parodies théâtrales (Pourim-Shpil dans les communautés achkénaze). Pourim est aussi une des rares fêtes juives où la musique est non seulement autorisée, mais même encouragée.

La présente playlist vous propose une sélection de chansons judéo-espagnoles pour la fête de Pourim, interprétées notamment par Joaquín Díaz, Clara Bénitah, Judith Cohen, Raphael Yair El Nadav, Avraam Pereira, Flory Jagoda et Claire Zalamansky… Lire la suite

  • Pourim : sens et transmission

Par Serge Dahan, Président de l’INSSEF

À l’occasion de Pourim, fête de la joie, du renversement et de la solidarité, nous souhaitons partager quelques repères sur le sens profond de cette célébration. De génération en génération, Pourim transmet une manière de lire l’Histoire, de renforcer les liens et de transformer l’épreuve en action collective.
Pourim raconte l’histoire d’un peuple dispersé au cœur d’un empire puissant, confronté à un décret d’anéantissement. Face à une menace proclamée, scellée par la loi et fixée par le sort, les Juifs de Perse refusent la résignation et choisissent l’action.

Le récit s’inscrit dans l’Empire perse, vaste et centralisé. À Suse, Haman, haut dignitaire du royaume, voit son orgueil atteint par le refus de Mordekhaï de se prosterner devant lui. De cette offense, il fait naître un projet d’anéantissement collectif. Le décret est promulgué et diffusé dans toutes les provinces. Tout semble alors clos.

Mais l’Histoire ne s’arrête pas là.

Après la disgrâce de la reine Vashti, le roi Assuérus fait rechercher une nouvelle reine. Choisie pour sa beauté, Esther accède au trône sans révéler son identité juive. Sur le conseil de Mordekhaï, elle se tait d’abord.

Puis survient ce moment que la Meguila résume par les mots « tout fut inversé » : une nuit d’insomnie du roi Assuérus amorce le basculement, les chroniques sont relues, un mérite oublié refait surface, et l’équilibre du pouvoir se déplace. Tandis qu’Haman prépare, Esther agit. Elle révèle son identité et dénonce le complot. Le décret n’est pas annulé : il est retourné contre son instigateur.

Ce renversement s’opère sans miracle visible. La Meguilat Esther ne mentionne jamais le Nom divin. Les Sages y ont vu l’expression du hester panim, le voilement de la Face : la Présence divine se retire du manifeste et laisse place à la responsabilité humaine. L’Histoire avance par des gestes ordinaires et des décisions justes, prises au moment juste. Pourim enseigne ainsi que, même lorsque la Présence divine se cache, le monde n’est jamais abandonné.

Cette lecture se prolonge dans la pratique.
La Meguila est lue à voix haute, en public. Lorsque le nom d’Haman est prononcé, le bruit éclate : on frappe, on couvre la voix du lecteur. Le mal est nommé et refusé collectivement. À l’inverse, lorsque le nom de Mordekhaï est prononcé, l’assemblée se tait.

À Pourim, la générosité n’est pas facultative. Tout celui qui tend la main reçoit. Donner, ce jour-là, c’est veiller à ce qu’aucun membre de la communauté juive ne reste à l’écart. Viennent ensuite les Michloa’h Manot, l’échange de mets entre proches et voisins, qui tisse le lien et entretient la fraternité. Puis le festin : un repas joyeux et familial, où la table devient un espace de parole, de mémoire et de transmission.

À Alger, ces gestes prenaient une forme particulièrement vivante. Dans la Grande Synagogue comme dans les synagogues de quartier, la Meguila était lue dans une atmosphère dense et sonore. Les enfants, déguisés pour l’occasion, faisaient éclater le bruit au nom d’Haman, fiers de leurs costumes. La fête se prolongeait ensuite dans les rues et les maisons, entre visites, rires et plateaux portés à la hâte.

C’est dans cet esprit qu’est né le Pourim d’Alger.
En 1541, l’expédition lancée contre la ville semblait devoir sceller son sort. Pour les Juifs d’Alger, en partie descendants des expulsés d’Espagne et du Portugal, la menace était existentielle. Elle s’inscrivait dans la continuité des persécutions et de l’Inquisition. Et pourtant, l’événement se retourne : une tempête disperse la flotte, l’offensive échoue, le danger se dissout.

La communauté reconnaît alors la structure de Pourim : un projet d’anéantissement plausible, suivi d’un renversement inattendu. Elle institue un Pourim local, non pour glorifier une victoire, mais pour transmettre un enseignement durable : l’Histoire n’est jamais totalement close.

Pour le peuple juif, Pourim n’a jamais été figé dans un temps ancien. Il se transmet comme une manière de lire le réel, permettant de reconnaître, presque instinctivement, les structures de danger et les possibilités de renversement.

Les événements du 7 octobre ont rappelé avec force que le projet d’anéantissement n’appartient pas seulement au passé. Face à une volonté explicite de destruction, la réponse n’a été ni le silence ni la sidération. Comme dans la Meguila, le danger a été nommé et affronté par l’union et l’engagement collectif.

Que ce Pourim soit pour chacun de vous, chers amis de l’INSSEF un temps de joie partagée, de fraternité et de solidarité.

Hag Pourim Samea’h.

  • Dans l’abri anti-bombes, le souvenir d’un Pourim d’autrefois à Bagdad

Par Sarah Sassoon

Ce Pourim, alors que les Israéliens se réfugient contre les drones et les missiles iraniens, Sarah Sassoon s’est assise avec son chien et ses enfants dans son abri de Jérusalem, rêvant de faire cuire les aliments traditionnels irakiens pourim que sa grand-mère aurait fabriqués à Bagdad, comme le «sambusak au fromage». À Pourim, en 1951, ses grands-parents s’étaient enregistrés pour partir en Israël.

En Irak, Pourim s’appelle Id al-Megillah – la fête du Scroll. Alors qu’ils signaient leur nom et abandonnaient leur citoyenneté, mettant fin à une présence juive babylonienne de 2.600 ans, pensaient-ils qu’ils s’inscrivaient à un nouveau chapitre de la même histoire ?

Aujourd’hui, plus de la moitié de la population d’Israël descend des près d’un million de réfugiés juifs qui ont fui les pays arabes au XXe siècle – comme ma famille l’a fait.

Maintenant, nous nous asseyons dans des abris et ressentons les réverbérations des missiles iraniens qui explosent au-dessus de la tête, la plupart interceptés par le Dôme de fer. Les poursuites sont organisées sous terre. Les mères amènent des enfants habillés en princesses et en super-héros, et un doux lion. Beaucoup viennent seuls; leurs maris ont été appelés à servir. Les groupes WhatsApp des mères de soldats pulsent avec des messages de soutien – pour rester forts ensemble.

Nos fils et filles se tiennent aux confins de l’Égypte, de la Jordanie, de la Syrie, du Liban, de la Judée et de la Samarie. Chaque personne protège, à sa manière, ce qu’elle aime.

Hier soir, entre les sirènes, j’entends les chants hébreux des voisins, un violon enfilant à travers l’air froid de la nuit.

Notre drapeau porte le bouclier de David.

Notre miracle, comme en Perse, est que nous puissions nous défendre.

Quand je marche au magasin du coin – toujours ouvert – pour acheter de la farine et de la mozzarella pour le sambusek au fromage de ma grand-mère, je sais que je cuisine plus que de la nourriture.

Je suis en train de cuire la mémoire.

Je fais de l’exil et je reviens.

Je prépare l’histoire juive obstinée que nous vivons de génération en génération.

Am Yisrael Chai

  • La mémoire tiraillée des derniers juifs d’Izmir

Par Camille Scali

Les juifs d’Izmir, il ne reste presque que des ruines et un marché aux poissons. Nesim Bencoya, l’un des 1 000 à 1 200 juifs d’une ville de près de 3 millions d’habitants, traverse les ruelles odorantes du bazar de Kemeraltı vers « la rue des synagogues », où des lieux de culte datant du XVIe siècle se situent. Il accompagne un groupe de touristes à qui il fait découvrir cet héritage. Cette rue, Nesim Bencoya l’a connue petit, avant de s’installer en Israël. En 2010, l’ancien directeur de la cinémathèque d’Haïfa revient en Turquie avec l’intention de faire revivre le passé juif d’Izmir. Il entreprend un projet de préservation du patrimoine : visite des anciens quartiers juifs smyrniotes, restauration de neuf synagogues historiques et promotion de la culture sépharade avec un festival, stoppé depuis le 7 octobre 2023. 

« C’est peut-être davantage la promotion d’une identité judéo-espagnole que smyrniote » commente Ceki Hazan, qui a participé à cette patrimonialisation en développant le projet Despertar, destiné à la société civile. Bien qu’une synagogue témoigne de la présence d’une communauté ashkénaze, la majorité des juifs d’Izmir sont des descendants d’Espagne, chassés en 1492. 

En vous faisant visiter la première judería (quartier juif), Nesim Bencoya vous fera boire du subiya (délicieux jus de graines de melon, plutôt consommé en rupture du jeûne de Kippour), goûter des boyos (petites brioches fourrées et moelleuses) ou d’autres spécialités judéo-espagnoles. Lire la suite

  • Les Juifs sépharades en Amérique du Nord

Par Yamin Levy

L’arrivée des Juifs sépharades en Amérique du Nord, en différentes étapes au cours des 250 dernières années, a créé et  solidifié, dans une certaine mesure, une superbe mosaïque d’ethnies diverses s’identifiant toutes fièrement en tant que « Sepharadi ». Une grande partie des caractéristiques multiculturelles et multi spirituelles de ces communautés sont demeurées intactes et peuvent être retracées jusque dans leurs pays d’origine alors que le phénomène du melting pot a, bien sûr, eu de lourdes conséquences sur les communautés immigrantes. J’exprime cet optimisme avec réserve et un certain degré de chagrin sachant parfaitement que notre nombre, au fil des années, s’est amoindri de manière importante par assimilation à la société occidentale.

Les premiers ayant abordé sur ces côtes étaient des Juifs sépharades de l’ouest venant d’Espagne et du Portugal qui ont établi les communautés espagnoles et portugaises de Newport (R.I), Philadelphie et New York. Durant les 250 dernières années, grâce à une série d’illustres leaders rabbiniques et laïques, cette communauté a préservé ses actifs ainsi que son décorum formel et, dans certains cas, sa liturgie unique.

La plus importante vague d’immigrants suivante est arrivée de Syrie vers la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle. Cette communauté a réussi à résister au courant de l’assimilation en établissant des règles rigoureuses et en demeurant structurée et soudée. Son sens des affaires et son engagement à l’égard de l’éducation religieuse a assuré sa présence dans le paysage sépharade de l’Amérique du Nord. Aujourd’hui, la communauté syrienne maintient un grand nombre de synagogues, de centres communautaires et d’écoles dans la région des trois États1 et compte près de 100 000 membres à Brooklyn (NY) et Deal (NJ) seulement. Au même moment, les communautés grecques et turques parlant le ladino, sont arrivées sur ces côtes. La présence de la communauté ladino2, qui a diminué en raison de l’assimilation, se remarque à Los Angeles, Seattle (WA) et dans une moindre mesure à Atlanta (GA). Ils ont préservé leurs traditions culinaires et grâce à des leaders comme les rabbins Benaroya et Isaac Azose, ils ont aussi préservé leurs traditions liturgiques uniques au moyen d’enregistrements et de la publication de livres de prières. Lire la suite

  • Un nouvel outil éclaire l’origine des noms de famille des juifs d’Irak

En 1860, la plupart des Juifs en Irak, et pas seulement les propriétaires, utilisaient des noms de famille. La principale source pour les généalogistes est le registre de Bagdad (528 pages). D’autres sources comprennent des listes de jeunes hommes exemptés du service militaire, un registre des sépultures de Bagdad (1949-2001) et des numéros récemment découverts de Ha-Dover, un journal en langue hébraïque publié à Bagdad (1863-1871). Un nouvel outil appelé Transkribus lit du texte manuscrit et le convertit en texte imprimé. Le généalogiste Jacob Rosen- Koeningsbuch explique ce que la collecte de noms de famille peut nous dire sur les tendances de la migration dans la revue Jewish Genealogy:

Quels sont les avantages les plus importants de l’indexation des noms de famille des Juifs de Baghdadi ? Peut-être le plus important, un tel index fournit un outil qui peut révéler les lieux d’origine de certains Juifs Baghdadi. Par exemple, les fléaux de 1741 et 1761 ont dévasté la population de Bagdad et déclenché l’émigration de masse.

Au bout d’un moment, lorsque la situation s’est stabilisée, la composition de la communauté juive a commencé à changer avec l’arrivée de nouveaux arrivants des régions environnantes. Ainsi, on trouve à Bagdad dans le dernier quart du XIXe siècle des noms de famille tels que Laniado et Sethon (d’Alep), Barazani (du Kurdistan), Bumbaili (formulaire Bombay), Maslawi (de Mossoul), Karkukli de (Kirkuk) Ajami, Dasht/Dashti, Shirazi, Mashadi, Rashti/Rishti et Mizrahi (d’Iran).

Lorsqu’il est combiné avec des indices de noms de famille similaires d’Alep et de Damas, l’index est un outil utile pour analyser la composition des populations juives du Caire et d’Alexandrie au XXe siècle. Au tournant du XXe siècle, les deux villes avaient environ 10.000 Juifs chacune. À la suite de la « réforme des jeunes Turcs » en 1908, les exemptions du service militaire dans l’armée ottomane ont été annulées, ce qui signifie que les hommes juifs ont été contraints d’être recrutés dans l’armée. La perte du privilège d’exemption militaire a conduit de nombreuses familles juives à émigrer en Égypte, qui était pratiquement sous contrôle britannique et où les Juifs n’étaient pas repêchés. Puis vint la Première Guerre mondiale et l’effondrement de l’Empire ottoman. En moins de 30 ans, la population juive a presque quadruplé au Caire et à Alexandrie. Equipé des index décrits ci-dessus, on peut y identifier les Juifs de Baghdadi, d’Alep et de Damascène. Il en va de même pour Beyrouth, Port-Saïd, et même Kobe, au Japon, où il y avait beaucoup de Juifs de Bagdad, d’Alep et de Damas.

Jusqu’à présent, toute liste qui a été étudiée et étudiée a révélé de nouveaux noms de famille. Comme la génération de Juifs nés à Baghdadi est en train de flétrir, comme dans d’autres communautés du Levant, ces index constituent une source généalogique alternative jusqu’à ce que les archives soient ouvertes, voire jamais. Lire la suite

  • Une nouvelle étude apporte un éclairage inédit sur les Juifs séfarades et mizrahis américains

Par Sue Fishkoff

La plupart des Juifs américains remontent leurs familles à l’Europe de l’Est et à la Russie. L’histoire de ces Juifs ashkénazes comprenait la vie de shtetl, les pogroms et l’Holocauste.

Ce n’est pas l’histoire de la plupart des Juifs séfarades et mizrahis, qui représentent environ 10% de la population juive adulte américaine. Avec le recul, ils rappellent l’Inquisition et l’expulsion espagnoles, des siècles de vie en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, puis l’exil massif des terres arabes après 1948.

Une nouvelle étude révolutionnaire, dirigée par l’Université de New York et commandée par le groupe d’éducation et de plaidoyer JIMENA: Jews Indigenous to the Middle East and North Africa, basé à Bay Area, examine cette population. L’étude décrit comment les Juifs séfarades et mizrahis diffèrent de la majorité ashkénaze et décrit comment l’inclusion de leur histoire, de leur culture et de leurs traditions dans les écoles juives, les synagogues et les groupes traditionnels est à la fois nécessaire et attendue depuis longtemps. Lire la suite

  • Les séfarades de Montréal, une présence juive francophone

Par Annick Brabant

À partir des années 1950, les séfarades arrivent nombreux à Montréal. Leur venue modifie le visage de la communauté juive montréalaise, jusqu’alors à prédominance ashkénaze et anglophone.

Expulsés de la péninsule ibérique à la fin du XVe siècle, les juifs séfarades sont alors nombreux à s’établir dans les pays d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient et dans certains pays d’Europe où s’enracine leur descendance. Dès le début du Régime britannique, quelques familles séfarades de Grande-Bretagne immigrent à Montréal. Les familles Hart et Joseph comptent parmi ces premières familles juives qui arrivent dans la ville avec l’armée britannique peu après 1759. Les membres de cette communauté naissante fondent la congrégation Shearith Israel en 1768. La première synagogue du Canada, la synagogue espagnole et portugaise (souvent appelée « Shearith Israel », du nom de la congrégation), s’élève dans la rue Notre-Dame en 1777. Bien que peu nombreux, on compte environ une quinzaine de familles au départ, les premiers membres de cette communauté juive de rite séfarade mettent sur pied des associations philanthropiques et organisent des activités culturelles qui structurent la vie communautaire juive dans la ville.

Entre 1880 et 1914, près de 60 000 juifs ashkénazes qui fuient les pogroms de la Russie arrivent à Montréal. La communauté juive de Montréal gagne alors en importance et elle est majoritairement composée d’ashkénazes.

Les bouleversements à la suite de la Seconde Guerre mondiale

Dans les années de l’après-guerre, une vague importante de juifs séfarades arrive à Montréal en provenance de différents pays du Maghreb et du Machrek (Orient arabe). Entre 1945 et 1970, les populations juives séfarades quittent massivement ces pays, et le Canada constitue le troisième pays d’accueil pour ce groupe. Peu après la création de l’État d’Israël, en 1948, un premier groupe de juifs est expulsé d’Irak. Certains d’entre eux, dont la famille de l’écrivain Naïm Kattam, arrivent à Montréal dans les années qui suivent. En 1956, les juifs d’Égypte connaissent aussi l’expulsion et plusieurs s’établissent à Montréal, parfois après avoir tenté leur chance en France ou en Israël. La famille de l’écrivain Victor Teboul s’installe à Montréal pendant ces années après avoir séjourné en France. Dans la foulée des mouvements d’indépendance des pays du Maghreb, des milliers de juifs du Maroc et de Tunisie quittent leur pays dès la fin des années 1950. Lire la suite

  • Al-Shareef des Émirats arabes unis: «Les réfugiés juifs des pays arabes doivent être entendus»

Cette vidéo Instagram de Louay al-Shareef plaide pour les 850.000 réfugiés juifs chassés des terres arabes. Al-Shareef, qui est basé aux Émirats arabes unis, est l’un des rares musulmans qui sont de plus en plus francs sur les médias sociaux dans leur plaidoyer pour les Juifs et Israël.

Al-Shareef a déclaré: «Le monde a oublié les réfugiés juifs du monde musulman. Il ne devrait pas. En tant que musulman, je n’ai jamais voulu voir des réfugiés palestiniens ou juifs. Il est temps que ces histoires soient entendues. »

La vidéo a recueilli 98.000 vues parmi ce qui est principalement un public jeune. Certains des commentaires, par les descendants de réfugiés juifs, donnent des récits détaillés de la persécution subie par les Juifs en Égypte et en Irak. Voir la vidéo. Cliquez ici pour voir la vidéoLire la suite

Evénements en cours ou à venir

  • Bal de Pourim 2026. « Pourim judéo-arabe ! » – Dimanche 8 mars 2026 – 15:00 -18:00 – Mahj

DJ set de Sharouh et lecture du récit d’Esther par Arielle Wilhelm

Venez déguisés, venez danser !

Pour la deuxième année consécutive, le bal de Pourim met le cap sur le Maghreb, et fait la part belle aux trésors de la musique judéo-arabe avec la DJ Sharouh !

Au menu de ce festin de Pourim, une recette ayant fait ses preuves : musique, déguisements, danse… et narration du Livre d’Esther pour les plus petits par Arielle Wilhelm

La musique demeure le témoignage le plus éclatant du patrimoine culturel que les juifs du Maghreb ont emporté dans leurs bagages et offert à leurs pays d’accueil. De ce trésor oublié, la DJ et productrice Sharouh exhume les pépites, et fait résonner les voix vibrantes des artistes Jo Amar, Zohra El Fassia, Salim Halali, Raoul Journo, Reinette l’Oranaise, Habiba Msika, Cheikh Mwijo, Louisa Tounsia, El Kahlaoui Tounsi, et bien d’autres… 

Au programme, disques originaux et œuvres aux sonorités contemporaines retravaillées par Sharouh !

À déguster : oreilles d’Haman, yoyos et manicotti tunisiens
Avec le soutien de la Dilcrah
En partenariat avec le Café des Psaumes et l’Œuvre de secours aux enfants. Informations

  • L’art de la joie – Festival 2026 – Notre Haggadah – Dimanche 15 mars 2026 à partir de 14h

HAVA, NAGUILA !! ALLONS, REJOUISSONS-NOUS  ! 

Comment fabrique-t-on la joie quand le monde ne nous y aide pas ?

Comment apprendre une joie lucide — qui n’oublie rien, et qui choisit de vivre quand même ?

Dans nos traditions, la joie n’est ni accessoire ni naïve : elle se cultive et se travaille et se transmet. Elle a mille noms, mille couleurs, plus de dix mots — et autant de manières de passer par les corps, les voix, les études, les récits.

Cette année encore, Notre Haggadah tisse son festival comme on tisse une force : avec des textes, des chants, des pas de danse, des éclats de rire, des pensées exigeantes et des gestes féministes. 

Notre joie est consciente et contagieuse, traversée par l’histoire, attentive aux voix longtemps tenues à la marge. 

Notre joie est indocile, incarnée et collective, nous en sommes les artisanes.  

Ce festival est le tien :

– Viens célébrer la joie comme mouvement et comme voix. Viens apprendre, partager, créer, transmettre. Viens faire place à ce qui nous fait du bien : une joie qui donne envie de vivre, de penser, et de transmettre.

– Viens soutenir un projet féministe juif, inclusif et fédérateur — un manifeste autant qu’un événement. Réserver


  • LE SEL ET LE MIEL – Mise en scène : Bernard Bitan – du 16 mars 2026 au 18 mars 2026 – Folies Bergère

Samuel et Rebecca, deux âmes que tout oppose se retrouvent réunies par le destin. Du sel des larmes des temps de l’étoile jaune, au miel de leur rêve d’étoile bleue, cette histoire d’amour est une fresque grandiose, épique et historique qui embarque le spectateur dans un tourbillon d’émotions, de rires, de larmes, de chants et de danses. 

Un spectacle qui répare et qui rassemble.

Ouverture des portes : 1h avant l’heure indiquée sur votre billet.  

Afin de vivre la meilleure expérience et éviter les files d’attente, nous vous recommandons d’être en salle au moins 30 mn avant l’horaire du spectacle.

Retrouvez toutes les informations pour organiser votre visite ici >> préparer ma visite

Afin de garantir la sécurité des plus jeunes publics et conformément au règlement intérieur, l’accès à la salle est interdit aux enfants âgés de moins de 3 ans.

Production : DS5 & Laurent Ciup Réservations

  • Kfir Ochaion en concert à l’ECUJE. La guitare comme vous ne l’avez jamais entendue – Jeudi 5 mars 2026 à 20h30 – ECUJE

« J’utilise les cordes de la guitare comme des cordes vocales, capturant la voix humaine avec mes doigts. » Kfir Ochaion – 20 minutes

L’ECUJE est fier d’accueillir à nouveau Kfir Ochaion, l’un des guitaristes les plus talentueux et inspirants de sa génération, pour un concert exceptionnel le jeudi 5 mars 2026 à 20h30.

Connu mondialement pour ses reprises instrumentales poignantes de grands titres pop, rock ou de musiques de films, Kfir Ochaion transcende les frontières du genre musical. Sa guitare devient une voix à part entière, capable de transmettre des émotions d’une rare intensité.

Avec plus d’un million d’abonnés sur YouTube et des millions de vues sur ses vidéos, cet artiste israélien à l’univers singulier séduit par son jeu expressif, sa virtuosité discrète et son sens du détail. Sur scène, il nous offre un voyage musical à travers des mélodies familières sublimées par la douceur et la puissance de son toucher.

Au programme : un florilège de ses interprétations les plus emblématiques, entre nostalgie, modernité et pur plaisir acoustique.

Que vous soyez fan de guitare, amateur de musique ou simplement curieux de vivre une expérience sensorielle unique, ce concert est fait pour vous.

Réservez dès maintenant vos places et préparez-vous à une soirée hors du commun ! Réservations

  • La résilience du Peuple Juif après le 7 OctobreMardi 24 mars 2026 à partir de 20h – Le Centre Européen Du Judaïsme

Avec :

  • Jessica Vaturi Dembo, artiste, réalisatrice
  • Boris Cyrulnik, neuropsychiatre, auteur
  • Rav Raphael Sadin, rabbin, enseignant, auteur

Soirée modérée par Antoine Mercier.

Réservation

Nouvelles lectures

  • JUDA HALÉVI, D’Espagne à Jérusalem (1075 -1141) de Masha Itzhaki

Poète et philosophe célèbre, né en Espagne à la fin du XIe siècle et mort en terre d’Israël en 1141, Juda Halévi a marqué l’histoire et la culture juives, et plus particulièrement celles des séfarades. Son œuvre, qui se fait l’écho de ses voyages jusqu’à Jérusalem, des crises de son époque et de ses propres états d’esprit, reflète une ouverture culturelle et littéraire au monde islamique conjuguée à une solide identité juive en lutte pour sa survie en des temps difficiles.

Édition : Flammarion, 170 pages LIre la suite

  • Histoire des relations entre juifs et musulmans des origines à nos jours – Sous la direction de Abdelwahab Meddeb et Benjamin Stora

Depuis les premiers liens entre les tribus juives d’Arabie et le Prophète Muhammad jusqu’aux récents conflits du Proche-Orient, en passant par les civilisations de Bagdad et de Cordoue, sans oublier l’Empire ottoman, le monde perse et même l’espace européen, les relations tour à tour fécondes ou tumultueuses entre juifs et musulmans sont ici exposées et analysées en toute impartialité.
Quelque cent vingt auteurs de tous les pays ont participé à cette encyclopédie unique en son genre, dans un esprit d’interdisciplinarité qui permet de rendre compte des multiples facettes du sujet. Les difficultés du temps présent se trouvent ainsi réinterprétées à la lumière d’une histoire resituée dans la longue durée.
Un ouvrage de référence richement illustré, à la fois clair et accessible, qui constitue un outil précieux pour une meilleure compréhension entre les cultures.

Édition : Albin Michel, 1152 pages Lire la suite

Bonnes lectures !

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