KKL : Plus d’un demi-million de jeunes plants seront plantés pour Tou BiShvat

Tou Bichvat

“Le pic de plantations et l’énorme réponse du public que nous observons cette année vont bien au-delà de la tradition de Tou BiShvat”, a déclaré le président du Fonds National Juif

Le Fonds National Juif (JNF/KKL) a déclaré lundi qu’il utiliserait plus d’un demi-million de plants provenant de ses différentes pépinières pour les opérations de plantation organisées à l’occasion de Tou BiShvat, qui devraient être parmi les plus importantes de ces dix dernières années.

Des milliers de personnes ont participé à des plantations d’arbres pendant le week-end pour marquer la Journée de l’arbre en Israël, qui tombe ce lundi, a indiqué le Fonds, qui prévoit d’autres actions cette semaine.

« Le pic de plantations et l’énorme réponse du public que nous observons cette année vont bien au-delà de la tradition de Tou BiShvat », a déclaré le président du KKL, Eyal Ostrinsky.

« Ils sont l’expression de la capacité à surmonter les moments difficiles que nous avons traversés et du choix de vie que symbolise la plantation d’arbres. Après deux ans de guerre, les centaines de milliers d’Israéliens qui se rendent sur le terrain et plantent des centaines de milliers de jeunes plants prouvent que notre lien avec cette terre est indissoluble », a-t-il ajouté.

« Il s’agit là de la réponse sioniste et nationale la plus impressionnante qui soit. Face aux défis, nous choisissons d’approfondir nos racines, de renaître et de croire en l’avenir de l’État d’Israël. » Lire la suite

  • La spoliation des biens des Juifs d’Algérie sous le régime de Vichy

Par Serge Dahan, Président de l’INSSEF

La spoliation des biens des Juifs d’Algérie sous le régime de Vichy constitue l’un des épisodes les plus méconnus de notre histoire. Elle ne fut ni un dérapage ni une conséquence marginale de la guerre, mais une politique d’État délibérée, conçue et appliquée par l’administration française elle-même. En retirant la citoyenneté, en confisquant les biens, puis en fermant progressivement toute voie de recours, cette politique a détruit des existences. Il s’agit bien d’un vol légalisé, d’une justice absente et d’une responsabilité qui n’est ni pleinement reconnue ni réparée.

La spoliation des biens constitue l’un des actes fondateurs de la persécution des Juifs par le régime nazi. Elle n’est ni secondaire ni accidentelle, mais pensée comme une étape préalable et indispensable. Avant de prendre des vies, on commence par retirer des droits ; avant d’effacer des existences, on confisque ce qui permet de vivre : un travail, une maison, un commerce, une terre. La dépossession précède la destruction.

Dès les premières années du Troisième Reich, la persécution s’organise par le droit. Les Juifs sont exclus de la citoyenneté et de nombreuses professions, puis soumis à une politique de spoliation méthodique et légalisée. Les procédures d’« aryanisation » permettent le transfert forcé des biens vers des non-Juifs, sous couvert de légalité administrative. Décrets, ordonnances, contrôles économiques et décisions judiciaires transforment le vol en acte juridique ordinaire.

Cette politique poursuit un objectif précis : priver les Juifs de toute autonomie matérielle afin de les rendre vulnérables, dépendants et socialement isolés. La spoliation constitue un instrument central de domination et de déshumanisation. En détruisant les conditions d’une vie autonome, elle prépare et rend possible les étapes ultérieures de la persécution.

C’est cette logique — exclusion juridique, dépossession économique, normalisation administrative de l’injustice — qui se retrouve, avec une force singulière, en Algérie française. Ici, la spoliation n’est pas imposée par un pouvoir d’occupation étranger : elle est décidée et appliquée par l’État français lui-même.

L’abrogation du décret Crémieux, en octobre 1940, marque le basculement. Par un seul texte, près de 110 000 Juifs d’Algérie cessent d’être citoyens français. Cette déchéance ouvre la voie à la dépossession.

Commence alors une spoliation méthodique. Commerces placés sous administration provisoire, terres confisquées, professions libérales interdites, patrimoines dispersés. Les biens changent de mains au nom de la loi, à travers des procédures en apparence neutres : formulaires, inventaires, cachets, signatures.

Derrière chaque dossier se trouvent des commerçants ruinés, des médecins interdits d’exercer, des avocats radiés du barreau, des familles contraintes de quitter leur logement, de retirer leurs enfants de l’école, de survivre grâce à des solidarités fragiles.

Cette violence ne s’exerce ni dans le désordre ni dans l’arbitraire, mais dans le cadre ordinaire de l’administration. Des inventaires sont dressés, des biens évalués, des décisions notifiées.

Les fonctionnaires appliquent des textes, les administrateurs signent des arrêtés, les juristes rédigent des actes, chacun agissant dans le périmètre de ses compétences, au nom de la loi. La dépossession devient une procédure, non un acte de violence.

Le droit cesse alors d’être un rempart pour devenir un instrument d’exclusion. Ce qui devrait protéger légitime l’injustice ; ce qui devrait garantir l’égalité organise la dépossession. Présentée sous les formes régulières du droit, cette violence s’installe sans rupture apparente et détruit durablement la confiance dans l’État et dans la justice.

Lorsque l’ordre vichyste s’effondre en Algérie à la suite du débarquement allié de novembre 1942, dans le cadre de l’Opération Torch, beaucoup espèrent une rupture immédiate. Il n’en est rien. Les autorités françaises maintenues en place — d’abord sous l’autorité de François Darlan, puis sous celle d’Henri Giraud — choisissent de conserver l’arsenal juridique existant, y compris les lois antisémites. La rupture militaire ne s’accompagne pas d’une rupture juridique ; l’injustice se prolonge.

En octobre 1943, le décret Crémieux est finalement rétabli par ordonnance du Comité français de libération nationale. Les Juifs d’Algérie retrouvent la citoyenneté française. Le geste est fort et nécessaire, mais il demeure insuffisant. Aucun texte n’organise la restitution globale et automatique des biens spoliés. Le rétablissement du statut personnel ne s’accompagne pas d’un rétablissement patrimonial.

Les administrations provisoires sont dissoutes sans que les biens reviennent d’office à leurs propriétaires légitimes. Lorsqu’un commerce a été vendu ou qu’un immeuble a changé de mains, l’État ne procède à aucune restitution d’initiative. Ce qui avait été pris au nom de la loi n’est pas rendu par la loi. La réparation n’est ni organisée ni garantie.

Dans les faits, la charge du redressement est reportée sur les victimes. Ce sont les familles spoliées qui doivent engager des démarches individuelles, produire des preuves, contester des ventes parfois anciennes et complexes, devant des administrations qui avaient organisé leur exclusion. Beaucoup n’en ont ni la force ni les moyens. Les archives manquent, les biens ont changé de mains, et les bénéficiaires invoquent leur « bonne foi ».

Puis vient 1962. Avec l’indépendance de l’Algérie, toute possibilité d’action se ferme définitivement. Les biens situés sur le territoire algérien sortent de la juridiction française, et les accords d’Évian, qui organisent le transfert de souveraineté, ne prévoient aucun dispositif spécifique relatif aux spoliations antisémites. Cette injustice ne fait l’objet d’aucune prise en charge juridique : elle n’est ni identifiée ni traitée comme une question à réparer.

Aucun mécanisme de réparation n’est mis en place par l’État français, qui se dessaisit de toute compétence territoriale. Les victimes se retrouvent dans un vide juridique total. Ce qui n’a pas été restitué avant 1962 devient irrévocablement hors du droit.

Cette clôture résiste aux évolutions ultérieures. Les dispositifs contemporains de reconnaissance et de restitution des biens spoliés sous l’Occupation, développés en France à partir des années 1990, reposent sur des cadres territoriaux et juridiques dont les Juifs d’Algérie sont exclus de fait. Leurs biens, situés hors du territoire français, échappent à ces mécanismes.

La spoliation antisémite qui a frappé les Juifs d’Algérie sous le régime de Vichy n’a pas été réparée lorsque l’État français en avait la capacité juridique et politique. Elle ne l’a jamais été ensuite. Ce défaut de réparation ne relève ni de l’oubli ni de l’impossibilité, mais d’une suite de décisions et d’omissions qui ont progressivement soustrait cette injustice au champ du droit.

Si la citoyenneté a été rétablie en 1943, aucune politique de restitution n’a accompagné ce retour au droit. En 1962, les accords d’Évian ont définitivement ignoré cette spoliation antisémite, rendant tout recours impossible. Ce silence a conduit à un traitement différencié de citoyens pourtant juridiquement égaux : d’un côté, les Juifs de métropole, intégrés aux dispositifs ultérieurs de reconnaissance et de restitution ; de l’autre, les Juifs d’Algérie, durablement exclus de ces cadres.

Cette différence de traitement révèle une réparation à géométrie variable, fondée non sur la nature de l’injustice, mais sur le territoire où elle s’est produite. L’injustice est reconnue dans son principe, mais demeure inopérante dans ses effets.

Il ne s’agit pas ici d’une revendication, mais d’un constat historique. la spoliation antisémite qui a frappé les Juifs d’Algérie sous le régime de Vichy demeurera un angle mort de l’histoire républicaine.

  • La fête des garçons … Yithro

Je me souviens encore du marché Central de Tunis  avec des milliers de pigeons en cage et entourés de shohatim pour les égorger, afin qu’ils soient cashers. 

En effet, chez les Juifs tunisiens, la paracha Yithro ne se limite pas au récit biblique du Sinaï. Elle a donné naissance à une tradition singulière, presque inconnue ailleurs : la « fête des garçons », ou Séoudat Yithro, où l’on dresse une table de remerciement et où le pigeon règnait en maître dans les assiettes

L’origine de ce rite se perd dans la mémoire communautaire, on parle de 1785, mais le récit qui revient, de Tunis à la Goulette, à la Marsa pour mon ami Jean,  et même de Djerba pour mon ami Hervé, parle d’une épidémie de “croupe”meurtrière frappant surtout les jeunes garçons juifs. 

Les familles regardaient, les médecins étaient impuissants, ces enfants mâles  qui mouraient les uns après les autres, tandis que les voisins musulmans semblaient étrangement épargnés. Devant l’hécatombe, les sages de la communauté auraient décrété un sursaut de prières, de jeûnes et de supplications. 

Lorsque le fléau se serait soudain arrêté, un jour de la semaine de Yithro, on aurait fixé ce moment comme un rendez‑vous annuel de gratitude.

Reste à comprendre pourquoi le pigeon s’est imposé comme symbole. La version la plus rationnelle renvoie à la médecine populaire : sa chair, tendre et légère, était considérée comme particulièrement adaptée aux convalescents et aux enfants affaiblis. 

Maïmonide évoque l’usage symbolique ou médicinal des pigeons dans le contexte de la médecine médiévale, notamment pour leur chair jugée légère et bénéfique aux convalescents. Dans ses traités, il recommande surtout une alimentation saine, où la viande de pigeon pouvait être prescrite aux malades affaiblis.

Dans bien des maisons, on servait déjà du bouillon de pigeon aux petits malades ;  une lecture plus mystique, parlant d’un pigeon blanc apparu sur le toit d’une synagogue au moment où l’épidémie cessa, ou d’un rêve où un juste ordonnait de « sacrifier un pigeon pour chaque garçon » afin de stopper le mal.

Qu’importe, au fond, laquelle de ces versions est historiquement exacte. Ce que la Séoudat Yithro raconte, c’est la manière dont une communauté du Maghreb a transformé une peur collective en rituel de protection. 

Le jeudi soir précédant le Chabbat Yithro, on réunit les garçons, on leur fait réciter les Dix Commandements, on partage le pigeon rôti, on bénit l’avenir. 

Dans un monde où la transmission juive nord‑africaine est souvent réduite à quelques recettes de cuisine, cette coutume rappelle que chaque plat a une mémoire : celle d’une angoisse ancienne, conjurée par la foi, la solidarité et un oiseau devenu, à sa manière, messager de vie. – Par Bernard Cohen-Hadria
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  • L’ambassade de France en Irak au cœur d’un litige avec une famille juive spoliée

Malgré un premier bail signé en 1964, l’État français a cessé de verser les loyers, préférant s’en remettre à l’administration irakienne’euros.

C’est un contentieux vieux de plus de soixante ans qui oppose l’administration française à une famille juive originaire de Bagdad. Au cœur du litige : un bâtiment emblématique situé dans la capitale irakienne, aujourd’hui occupé par l’ambassade de France.

Construit à la fin des années 1930 par deux frères, Ezra et Khedouri Lawee, riches commerçants juifs de voitures américaines, ce bien appartient toujours, légalement, à leurs héritiers, la famille Lawee, aujourd’hui installée au Canada depuis trois générations. Mais depuis des décennies, la République française n’en reconnaît plus leur propriété et verse les loyers… à l’État irakien.

L’affaire, qualifiée de « catastrophe éthique » auprès de Ouest-France par l’avocat français Jean-Pierre Mignard, embarrasse au plus haut niveau.

« C’est une situation d’indifférence totale de l’État français. Je me heurte à de la lâcheté. Les courriers restent sans réponse, la partie adverse n’a même pas désigné d’avocat. On joue la montre, comme si l’on voulait laisser le dossier s’enterrer dans les sables du désert », s’indigne Me Mignard cité par Ouest-France.

« Je me suis lancé dans cette histoire il y a une quinzaine d’années », a quant à lui expliqué Philip Khazzam, 65 ans, petit-fils d’Ezra Lawee, à Libération. « Ce n’est pas qu’une question d’argent, c’est avant tout une affaire de droits humains. C’est l’injustice qui m’a poussé à agir. »

L’histoire du bâtiment est bien documentée. Dans les années 1930, alors que le nazisme progresse en Europe, l’idéologie funeste commence à être diffusée en Irak. Mein Kampf est alors traduit et largement diffusé. Le 1er juin 1941, le pogrom du Farhoud éclate dans la capitale : 128 Juifs sont massacrés. À partir de 1948, la création de l’État d’Israël provoque l’exil massif des Juifs d’Irak – plus de 100 000 en quelques années, souvent contraints d’abandonner leurs biens. La famille propriétaire du bâtiment, cependant, parvient à maintenir un lien juridique avec son bien, grâce à des relais locaux.

En 1964, quinze ans après la fuite des Lawee, la France signe alors un bail avec la famille, lui versant un loyer régulier. Mais à partir de 1969, le régime de Saddam Hussein exige que l’État irakien devienne le seul bénéficiaire des loyers. Pour ménager ses relations diplomatiques, Paris accepte, mais continue de verser discrètement un complément à la famille… jusqu’en 1974, où l’élection de Valéry Giscard d’Estaing et sa diplomatie pro-Saddam Hussein marquent la fin de ces paiements parallèles.

Depuis, malgré les démarches répétées de la famille et plusieurs relances officielles, aucune solution n’a été trouvée. Sollicité par Ouest-France, le ministère français des Affaires étrangères n’a pas répondu. « Comparé à lui, le Vatican est un modèle de transparence », ironise Me Mignard. Il a saisi le tribunal administratif de Paris et introduit deux actions, dont une procédure d’urgence, pour réclamer une médiation. En vain, pour l’instant. Lire la suite

  • Terreurs d’un hiver de Bagdad, 57 ans après

Il y a cinquante-sept ans cette semaine, neuf Juifs innocents faisaient partie des 14 personnes exécutées à Bagdad comme des « espions pour Israël ». D’autres Juifs ont été arrêtés mais relâchés, après une attente agonisante pour leurs familles. Écrire sur Facebook Daoud Karkoukli rappelle l’atmosphère à l’époque et la bravoure de sa jeune sœur lorsque leur père était sur le point d’être arrêté pour une deuxième fois:

« Cinquante-sept ans se sont écoulés, mais les souvenirs de cet hiver de Baghdadi ne me quittent jamais. Plus d’un quart de siècle plus tard, l’enfant en moi regarde encore le ciel tous les soirs, priant le Tout-Puissant d’avoir pitié de son père.

Oui, le ciel de Bagdad était couvert et l’air de nuit était perçant froid. Le temps m’a ramené à janvier 1969. Je venais de terminer mon enseignement primaire à l’école Menachem Daniel et j’ai rejoint l’école secondaire Frank Iny (connue aujourd’hui sous le nom d’Al-Nizamiyah). Le matin du 27 janvier, je me suis réveillée au son des sanglots de ma mère. Elle pleurait sur l’exécution de 11 Juifs à Bagdad et à Bassora. Elle pleurait pour ceux dont la vie était étouffée et dont les corps étaient accrochés à des potences sur la place Tahrir de Bagdad et le Umm al-Broom de Bassora.

En même temps, elle vivait dans la terreur sur le sort de mon père, qui avait été arrêté quelques jours plus tôt par les services de renseignement baasistes. Cela faisait partie d’une campagne frénétique menée par les hommes de main du régime de Baas, qui avaient pris le pouvoir en 1968. Ils ont renforcé le nœud blanc autour de 3.000 Juifs irakiens – nous dépouillant des services téléphoniques, nous interdisant de l’emploi du gouvernement, fermant les portes de l’université sur notre visage et limitant sévèrement notre mouvement à l’intérieur et à l’extérieur de l’Irak.

Pendant plusieurs semaines, nous avons essayé en vain de retracer mon père, qui avait été « kidnappé » à Bagdad. Nous avons finalement appris – après avoir payé des pots-de-vin massifs – qu’il était détenu à Bassora. Nos jours étaient misérables; je traînais mes pieds à l’école le matin et je revenais à midi, seulement pour ma mère, ma sœur cadette, et moi pour nous enfermer à huis clos jusqu’au lendemain.

Le soir, je m’asseyais devant la télévision en regardant le « bulletin d’exécution ». À la fin de l’émission d’information, l’annonceur lisait une liste de noms de ceux qui seraient exécutés à l’aube le lendemain matin! C’était une période noire de l’histoire, et j’ai cherché dans le ciel un sauveur pour libérer mon père de sa captivité. Lire la suite

  • Pourquoi les Juifs séfarades de New York sont plus sionistes – et plus méfiants envers Mamdani – que leurs voisins ashkénazes

Différentes histoires d’exil et de migration aident à expliquer pourquoi certains Juifs voient le maire Mamdani différemment

Les différences entre les Ashkénazes, les Mizrahi et les Juifs séfarades sont entrés en évidence depuis que Zohran Mamdani est devenu maire. Dans la grande région de New York, 10% des Juifs s’identifient comme Mizrahi ou Séfarardic, deux groupes qui rapportent des liens plus forts avec Israël et des opinions politiques plus conservatrices que les Juifs ashkénazes, selon une nouvelle étude nationale.

NYC Mayor’s Office, CC BY 4.0 , via Wikimedia Commons

Aaron Cohen, un juif marocain élevé au Venezuela, et un conseiller financier basé à New York, a déclaré: «Je pense qu’il sera difficile de trouver des Juifs séfarades qui ont voté pour Mamdani en raison de l’importance d’Israël pour nous.» Pour nous, a-t-il dit, « il n’y a pas de fossé entre l’être contre Israël et l’antisémitisme ». Il a ajouté que beaucoup dans ces communautés qui ont échappé aux pays socialistes se méfient également des politiques socialistes démocratiques de Mamdani.

Contrairement aux Juifs ashkénazes, la plupart des Juifs séfarades et mizrahis sont arrivés aux États-Unis entre les années 1950 et 1990, fuyant souvent ouvertement les régimes anti-juifs et les régimes socialistes au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, en Asie centrale et en Amérique latine. Alors que certains ont pu immigrer aux États-Unis, beaucoup ont constaté que leur seul refuge viable était Israël, en vertu de la loi du retour, qui accorde à chaque juif le droit à la citoyenneté israélienne.

« Les Juifs séfarades sont très sionistes, parce que l’État d’Israël a changé nos vies », a déclaré Cohen. « Beaucoup de Juifs du Maroc ont été sauvés par le fait qu’ils ont pu aller en Israël. Il en était de même pour les Juifs iraniens, les Juifs égyptiens, et ainsi de suite. »

Selon l’étude, menée pour JIMENA: Juifs indigènes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, 31% des Juifs mizrahi et 28% des Juifs séfarades aux États-Unis détiennent la citoyenneté israélienne, contre seulement 5% des Juifs ashkénazes. Et 80% des Juifs mizrahi et séfarades disent qu’ils se sentent quelque peu ou très émotionnellement liés à Israël, contre 69% des Juifs ashkénazes.

Mamdani a été franc dans sa critique d’Israël et s’identifie comme antisioniste. Il a déclaré à plusieurs reprises qu’Israël n’avait pas le droit d’exister en tant qu’État juif, mais plutôt « en tant qu’État ayant des droits égaux ». Un rapport de la Ligue anti-diffamation de décembre a révélé que 20% des personnes nommées par Mamdani ont des liens avec des groupes antisionistes. Lire la suite

  • Les Juifs et les Kurdes font face à des menaces communes

Juifs et Kurdes ont affirmé leur solidarité à Londres la semaine dernière alors que l’enclave kurde du nord-est de la Syrie était envahie par les forces du régime. Les deux peuples partagent une histoire de persécution, de déplacement et de génocide, écrit Lyn Julius sur SubstackSubstack:

Le jeune homme se tenait à l’arrière d’une salle de commission parlementaire et plaidait en larmes pour qu’Israël sauve sa famille. Ils étaient au Rojava, l’enclave kurde du nord-est de la Syrie. Les rapports filtraient les enlèvements et les massacres alors que les forces du régime syrien traversaient le territoire tenu par les Kurdes. Les prisonniers de l’État islamique avaient été libérés de prison et il n’y avait pas connaissance de la destruction qu’ils allaient infliger.

L’occasion au Parlement britannique a été un événement auquel ont participé des Juifs et des Kurdes pour se concentrer sur la coopération entre ces deux minorités non arabes du Moyen-Orient. Les deux peuples sont indigènes, avant plusieurs siècles la conquête arabe qui avait converti les Kurdes à l’islam et subjugué les Juifs comme des dhimmis. Les deux peuples se sont accrochés à leur langue et à leur culture à travers l’épaisseur et la minceur.

À la fin de la Première Guerre mondiale, il y avait de grands espoirs, avec le démembrement de l’empire ottoman, que les Assyriens et les Kurdes jouiraient d’une enclave autonome, sinon d’une patrie qui leur est propre. Mais seule la Déclaration Balfour de 1917, avec son engagement pour un foyer pour les Juifs, a été approuvée lors de la conférence San Remo de 1920 et inscrite dans le traité de Lausanne de 1923.

Un siècle plus tard, 30 millions de Kurdes sont encore répartis dans quatre pays – la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran. Après 2003 et la chute de Saddam Hussein, le Kurdistan irakien est arrivé le plus près de l’autonomie, mais doit repousser la pression de Téhéran et Bagdad. L’État juif est en conflit depuis le jour où il a été déclaré.

Dans les années soixante, Israël envoya des conseillers et des armes aux Kurdes en Irak. En retour, les Kurdes ont aidé à faire sortir clandestinement 2.000 Juifs désespérés du pays.

Les Kurdes et les Juifs ont tous deux été victimes de persécutions, de déplacements, de génocides et de la menace exterminationniste djihadiste. En 2014, lorsque l’Etat islamique était sur le saccage dans le nord de l’Irak, les Juifs se tenaient aux côtés des Kurdes et des Yézidis. Depuis les attaques du 7 octobre contre le sud d’Israël, les Kurdes se sont joints aux Juifs pour démontrer leur solidarité.

Le récit dominant en Occident suppose que seuls les Arabes ont droit à des droits politiques, tandis que la demande kurde d’autodétermination est ignorée. Le sionisme – l’autodétermination juive – est diabolisé. Mais comme l’a montré cette dernière manifestation de solidarité dans une salle de comité parlementaire, les Juifs se tiennent aux côtés des Kurdes et des Kurdes avec les Juifs. Puissent-ils transformer la solidarité en action politique. Lire la suite

  • Gérard Darmon : l’acteur dévoile pourquoi il n’aime pas son prénom

Dimanche 17 juillet 2022, Gérard Darmon a accordé un entretien au Journal du Dimanche. Cash, l’acteur a évoqué les origines germaniques de son prénom et révélé pourquoi il n’était vraiment pas fan de celui-ci.

Par Georges Biard, CC BY-SA 3.0

Né de parents juifs séfarades algériens, Gérard Darmon a poussé son premier cri à Paris, le dimanche 29 février 1948, trois ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Interrogé sur ses origines, l’acteur a révélé dimanche 17 juillet 2022 dans les colonnes du Journal du Dimanche : “Mes parents ont été aux premières loges de l’antisémitisme, même s’ils sont passés au travers. C’étaient des immigrés, Juifs et pieds-noirs de surcroît. Pendant l’après-guerre, dans les années 1945-1955, on ne claironnait pas que l’on était juifs. On était bons français. Je ne sais pas si l’on devait faire profil bas ou si c’était devenu un réflexe. Reste que moi, en tant que Juif, on m’a toujours demandé de me tenir à carreau.” Assurant ne pas aimer son prénom, celui qui est en couple avec Christine, sa cadette de 25 ans a glissé : “On m’a prénommé Gérard, un nom à consonance germanique. Et Elie, mon deuxième prénom est hébraïque, celui que l’on me donne lors de la bar-mitsvah n’est pas déclaré pour ne pas éveiller les soupçons.” Agacé, l’acteur a ajouté : “C’est cela l’assimilation. Un modèle d’accueil qui entretient les antisémites dans leurs préjugés. Je porte cette charge-là.

Gérard Darmon : “Il y avait un traumatisme terrible chez les juifs”

Invité dans l’émission La Face Katché, pour Yahoo, l’acteur s’était déjà confié sur l’antisémitisme qu’il a connu quand il était enfant. Mercredi 22 juin 2022, il avait révélé : “Il y avait un traumatisme terrible chez les juifs […] Donc, il ne fallait pas trop crier sur les toits. Pas trop de vagues.” Au cours de son enfance, celui dont le petit-fils, Tom, joue dans Ici tout commence, sur TF1, recevait des remarques acerbes dans la cour de récréation. “On me traitait de sale juif, de métèque, de rastaquouère. Sale juif, c’est arrivé deux, trois fois. Les grosses bagarres que j’ai eues dans mon enfance partaient de ça“, s’était-il rappelé, avant de déclarer : “Mon meilleur copain de l’époque s’appelait Carillon. Il était blond aux yeux bleus. Je l’enviais d’ailleurs parce qu’il était blond aux yeux bleus et que moi, j’étais un petit pruneau.” Assurant que la France n’était pas un pays profondément antisémite, celui qui estime que l’éducation d’un enfant est compliquée, avait assuré : “Il ne faut pas faire l’amalgame. Il y a des gens qui accueillent les autres, qui ont le cœur sur la main, qui sont simples, qui aiment.” – Par Lola Leger Lire la suite

Evénements en cours ou à venir

  • Conférence : minorités en terre islamisée, quelle coexistence? – Le 08 février 2026, de 18h à 21h – Association Culturelle Israelite du Chesnay

Venez assister à cette conférence exceptionnelle sur le thème : Minorités en terre islamisée, quelle coexistence? Conférence animée par Monsieur Omar Youssed Souleimane, intervention de Monsieur David Dahan président de l’OJRPA et dédicace du livre “Les complices du mal”. Inscription

  • De Salomon à Zoubeïda, grandeur et malice des héros et héroïnes populaires – Dimanche 8 février 2026 – 11:00 -12:30 – Visite guidée – Mahj

Visite contée par Sonia Koskas, conteuse, et Lahoucine Id Bouhouch, musicien

Au son de l’oud, Sonia Koskas rapporte les histoires truculentes des héros et héroïnes de la tradition populaire orale de la Méditerranée. Parmi elles, celles, magnifique du roi Salomon, de Zoubeïda et du prophète Élie.

Billetterie


  • Terre de sang : Joann Sfar dessine en live avec ses musiciens. Une rencontre BD à l’ECUJE animée par Haïm Musicant– Lundi 9 février 2026 à 20h – Une rencontre exceptionnelle animée par Haïm Musicant – ECUJE

Une rencontre performée entre dessin live, musique manouche et pensée en mouvement.

L’ECUJE a la joie d’accueillir Joann Sfar pour une soirée exceptionnelle autour de Terre de sang, son nouveau livre paru aux éditions Les Arènes. Un rendez-vous rare, intense et profondément vivant.

Après Que faire des Juifs ?, écrit dans l’urgence de l’après 7 octobre, Joann Sfar change de tempo. Avec Terre de sang, il prend le temps d’écouter, d’observer, de traverser. De Venise à Paris, de Ramallah à Naplouse, d’Hébron à Jérusalem et Tel-Aviv, il fait dialoguer les voix palestiniennes, arabes, bédouines, juives, humaines, dans un monde fracturé.

Ce soir-là, les mots ne seront pas seuls. Joann Sfar dessinera en direct, sous les yeux du public, accompagné par deux figures majeures de la musique manouche : Frank Anastasio et Steven Reinhardt.

Le dessin devient geste, la musique ouvre des espaces là où tout semble clos.

Face aux idéologies, à la violence et aux récits figés, Joann Sfar oppose le dialogue, la poésie et la création comme actes profondément politiques. Une bande dessinée du réel, fraternelle, rugueuse et sensible, qui ne prétend pas réparer le monde mais refuse d’abandonner celles et ceux qui l’habitent.

La rencontre sera animée par Haïm Musicant et se prolongera par une séance de dédicaces.

Un moment fort et singulier de la saison BD à l’ECUJE. Une expérience à vivre, ensemble. Réservations

  • Le Tailleur – Festival Confluences– Mercredi 11 février 2026 – 19:00 -20:00 – ECUJE

Pièce chorégraphique et musicale de la Compagnie Safra

Chorégraphie : Jessica Bonamy-Pergament

Danse : Vinicius Carvalho, Hermine Coudron, Jessica Bonamy-Pergament 

Clarinette et chant : Marine Goldwaser

Santûr basse : Mahdokht Karampour 

Le tailleur est un magicien. Il coud un vêtement comme on tisse une danse, il découpe le son comme on compose une pièce.
Dans le sac qu’il transporte depuis le jour de son mariage à Łódź, en septembre 1939, jusqu’à la France où il s’installe après un passage en Russie, il a sa machine à coudre Singer, son gramophone et des airs de hazanout. Dans ses faits et gestes, il contient la mémoire d’un siècle passé, la physicalité des métiers d’autrefois, et la façon dont, chez lui, on riait et dansait.
Inspirée par l’histoire de son grand-père, la danseuse et chorégraphe Jessica Bonamy-Pergamentcrée un récit chorégraphique et musical où s’entrelacent les fils de la petite et de la grande Histoire, les outils du métier et les objets du quotidien, les fils de la transmission. Inscriiptions

  • Yvrit Social Club avec Revital – Les grands écrivains d’Israël מספרי סיפורים– Jeudi 12 Février 2026 – En ligne via Zoom, les jeudis à 18h30 pour le niveau intermédiaire et à 20h30 pour le niveau avancé – ECUJE

Plongez dans la langue et la culture israélienne avec le Yvrit Social Club, un atelier hebdomadaire de conversation en hébreu, animé par Revital Berger Shloman, organisé par l’ECUJE en partenariat avec l’Organisation Sioniste Mondiale (OSM). Chaque session vous invite à explorer un aspect de la société israélienne sous un angle inédit, à travers des échanges interactifs basés sur des textes et des vidéos. Accessible à tous et gratuit, cet atelier se décline en deux niveaux : à 18h30 et à 20h30, pour mieux s’adapter à votre rythme. Venez découvrir l’hébreu autrement !

Rejoignez-nous chaque semaine pour ce moment enrichissant et convivial autour de l’hébreu et de la culture israélienne !

Calendrier de l’année :

• Jeudi 12 Février 2026 – Les grands écrivains d’Israël מספרי סיפורים L’histoire d’Israel à travers ses grands écrivains – 10 citations mythiques et beaucoup de Sagesse.

• Jeudi 5 mars 2026 – Pourim after party מסיבת אחרי פורים
L’Chaim avec les vrais personnages de la Méguilah et leurs alter egos de notre époque.

• Jeudi 19 mars 2026 – Poésie du Printemps לשיר אביב
Les chansons du printemps méditerranéen.

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Nouvelles lectures

  • Terre de sang, Le temps du désespoir de Joann Sfar

La conclusion de la trilogie bouleversante de Sfar. Une BD reportage qui donne la parole à ceux qui vivent au cœur du conflit.

Nous vivrons était le livre de l’après-pogrom du 7 octobre, Que faire des Juifs ? une réflexion sur l’histoire du judaïsme et de l’antisémitisme, avec une dimension à la fois historique, personnelle et charnelle. Avec Terre de sang, Joann Sfar s’éloigne de la chronique immédiate et de la fresque didactique. Il tend l’oreille aux voix palestiniennes, arabes, bédouines, dans le tumulte d’un conflit insoutenable. Il reprend ici le flambeau du reportage dessiné et parcourt des villes fracturées sur une planète à bout de souffle:

Venise, Paris, Ramallah, Naplouse, Hébron, Jérusalem, Tel-Aviv…

Aux massacres, aux idéologies, aux mécanismes de haine, il oppose le dialogue qui, même lorsqu’il semble impossible, reste un acte politique puissant. Sfar s’ancre dans la BD du réel, poétique, violente, fraternelle, qui ne sauve rien, mais n’abandonne personne.

Édition : Les ARÈNES BD 608 pages LIre la suite

  • Histoire du ghetto de Venise de Riccardo Calimani

En 1516, dans le quartier des fonderies – ghetto en dialecte vénitien – des juifs reçoivent pour la première fois l’ordre de se rassembler pour vivre en un lieu séparé. Cette décisions inaugure trois siècles d’une histoire singulière. Les fastes et les succès de la Sérénissime, somptueux carrefour des cultures méditerranéennes, sont inséparables de l’activité économique, diplomatique, culturelle des juifs vénitiens. Dans l’enceinte même de la ghettoïsation se déroula plus d’un épisode heureux, qu’il s’agisse du succès des imprimeurs hébraïsants ou de l’échec de l’Inquisition à Venise. Des origines médiévales aux déportations de 1943-1944, en passant par l’émancipation française de 1797, Riccardo Calimani évoque avec force l’extraordinaire destin de cette communauté, au fil des lieux, des événements et des portraits.

Édition : Tallandier, 370 pages Lire la suite

Bonnes lectures !

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