B’nai Brith Canada lance une série en hommage aux Juifs des terres arabes

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Des années 1940 jusqu’aux années 1970, et avec la fondation d’Israël en 1948, près d’un million de Juifs ont été expulsés de leurs foyers à travers des pays arabes tels que l’Irak, la Syrie, le Liban, l’Égypte, le Yémen, la Libye, l’Algérie et l’Iran.

En Égypte, le gouvernement a arrêté et accusé les Juifs de faire partie de complots sionistes ou communistes. Ils ont saisi des actifs juifs, des entreprises et des biens évalués à $2,5 milliards (États-Unis) et ont mis le feu aux quartiers juifs du Caire et d’Alexandrie. En Syrie, la communauté juive (qui remonte également à l’époque biblique) a été soumise à des abus et à des lois draconiennes. Selon l’historien Martin Gilbert, les Juifs étaient « interdits de posséder des radios ou des téléphones, ou de maintenir un contact postal avec le monde extérieur » et toutes les propriétés juives étaient « confisquées par l’État lorsque les propriétaires sont morts ».

Les Juifs étaient souvent soumis à des pogroms, à la violence systémique et à la persécution religieuse. Leurs exilés étaient en grande partie attribuables à l’augmentation de l’hostilité envers les Juifs par l’existence même d’Israël.

En Irak, en Iran, au Yémen, au Liban, en Libye, en Algérie et en Tunisie, des mesures similaires ont été mises en place sous la direction de la Ligue arabe pour éliminer la présence juive sur ces terres.

Aujourd’hui, alors que les histoires abondent de nombreux réfugiés arabes, peu sont conscients ou même reconnaissent cet exode oublié de réfugiés juifs. Ce n’est qu’en Israël que le 30 novembre, au lendemain du vote par l’ONU pour approuver le plan de partition judéo-arabe de la Palestine, a été marqué pour commémorer leur sort.

Dans le cadre de la commémoration de ce chapitre tragique mais peu connu de l’histoire juive, B’nai Brith Canada, ainsi que des partenaires communautaires, ont produit une série de vidéos retraçant les histoires de certains qui ont enduré les préjugés dirigés vers les Juifs au Moyen-Orient au cours de ces décennies, et qui sont depuis venus au Canada. Lire la suite

  • Les Français juifs d’Algérie dans les armées de la Libération : une fidélité à la France

Par Serge Dahan, Président de l’INSSEF

Le film De Gaulle, actuellement à l’affiche, est une œuvre remarquable. Il restitue avec force l’une des périodes les plus décisives de notre histoire : le combat du Général, ses relations complexes avec les Alliés, les rivalités entre les autorités françaises, la renaissance de l’armée française et le long chemin qui conduit à la Libération et au rétablissement de la souveraineté nationale.

Au-delà de sa fidélité historique, le film rappelle avec justesse ce qui fonde une nation : le courage, le sens du devoir, la fidélité à ses convictions et la capacité à consentir au sacrifice pour défendre la liberté, l’indépendance de la France, son identité et les valeurs républicaines. Il montre que, face à l’effondrement de 1940, des femmes et des hommes refusèrent la résignation et choisirent l’intérêt supérieur de la Nation.

Mais, en sortant de la projection, une réflexion s’est imposée à moi. Il manquait à cette fresque une histoire qui me touche directement : celle des Français juifs d’Algérie.

Je ne porte pas sur cette période le regard détaché d’un simple observateur, car elle appartient à l’histoire de nombreuses familles françaises juives d’Algérie. Ceux qui nous ont précédés ont connu l’abrogation du décret Crémieux, la perte de la citoyenneté française, les lois antijuives de Vichy et, pour certains, l’internement au camp de Bedeau. Parmi eux, des militaires d’active ont ensuite repris les armes, combattu pendant la campagne d’Italie, participé à la reconquête de la France et poursuivi les armées allemandes jusqu’à leur défaite.

Ces histoires familiales rejoignent celles de milliers de Français juifs d’Algérie. Elles sont indissociables de l’histoire de la France combattante et constituent l’une des expressions les plus fortes de notre fidélité à la France.

Pourtant, cette page de notre histoire demeure encore trop peu présente dans notre mémoire nationale.

Nombre de Juifs d’Algérie avaient servi sous le drapeau français pendant la Première Guerre mondiale. Certains avaient été blessés ou décorés. Une génération plus tard, d’autres s’engagèrent dans la Résistance, notamment lors de l’opération Torch, au cours de laquelle les réseaux juifs d’Alger jouèrent un rôle déterminant dans le succès du débarquement allié du 8 novembre 1942. Après avoir été rejetés hors de la communauté nationale par Vichy, beaucoup reprirent les armes au sein des armées de la Libération.

En octobre 1940, le régime de Vichy abroge le décret Crémieux. Près de 110 000 Juifs d’Algérie perdent alors la citoyenneté française qui leur avait été accordée collectivement en 1870.

Depuis plusieurs générations, ces hommes et ces femmes fréquentaient l’école française, servaient dans l’armée, travaillaient dans l’administration, l’enseignement, les professions libérales ou le commerce. Ils se considéraient pleinement français. Du jour au lendemain, l’État français leur signifia qu’ils ne l’étaient plus.

Ils sont exclus de la fonction publique, de l’enseignement, de nombreuses professions et de l’armée. Des officiers, des sous-officiers et des réservistes, parfois décorés pendant la Grande Guerre, sont brutalement radiés, des enfants sont chassés des écoles publiques.

La persécution ne s’arrête pas à la déchéance civique et professionnelle. Le régime de Vichy met en place en Afrique du Nord un réseau de camps d’internement et de travail forcé. À Boghari, Colomb-Béchar, Bedeau et dans d’autres camps sont détenus des Français juifs victimes de la législation antisémite, des réfugiés antifascistes et des volontaires étrangers qui s’étaient engagés dans l’armée française.

Tous subissent l’arbitraire, les privations et les humiliations. Le travail est pénible, la nourriture insuffisante et les conditions de vie particulièrement éprouvantes. À Bedeau, des militaires juifs, anciens combattants, sont internés après avoir été privés du droit de continuer à servir leur pays. Dans les familles, le nom de Bedeau porte la mémoire de ceux que la France de Vichy avait exclus, alors même qu’ils avaient porté l’uniforme français.

Le 8 novembre 1942 à Alger, les groupes de résistants dirigés par José Aboulker jouent un rôle décisif dans la réussite de l’opération Torch. Dans la nuit précédant le débarquement, quelques centaines de résistants, parmi lesquels de nombreux jeunes Juifs d’Alger, neutralisent pendant plusieurs heures les principaux centres de commandement et de communication du régime de Vichy. Ils occupent des points stratégiques, désorganisent les autorités locales et facilitent ainsi l’entrée des forces alliées dans la ville.

À Oran, autour de Roger Carcassonne, d’autres réseaux clandestins se sont également organisés en prévision du débarquement. Malgré des conditions différentes et une répression forte, ils participent au même effort de préparation et de résistance.

Cette contribution juive à l’opération Torch est historiquement établie mais demeure insuffisamment connue du grand public. Elle révèle une réalité essentielle : parmi ceux qui préparèrent la libération de l’Afrique du Nord se trouvaient de nombreux Français juifs que Vichy avait privés de leur citoyenneté et exclus de la communauté nationale.

Mais le débarquement allié du 8 novembre 1942 ne met pas immédiatement fin aux discriminations. Sous l’autorité de l’amiral Darlan, puis du général Giraud, l’essentiel de la législation de Vichy demeure en vigueur. Le décret Crémieux n’est pas rétabli. Les Juifs d’Algérie ne retrouvent pas leurs droits civiques et la situation des internés ne se règle que progressivement.

Il faut attendre le 21 octobre 1943 pour que le Comité français de la Libération nationale rétablisse enfin le décret Crémieux. Ce n’est qu’alors que les Juifs d’Algérie recouvrent pleinement leur citoyenneté française.

C’est dans ce contexte que l’engagement militaire de tant de Français juifs d’Algérie prend toute sa signification. Après avoir été privés de leur citoyenneté, exclus de l’armée et, pour certains,] internés dans les camps de Vichy, ils reprennent les armes sous le drapeau français. Ceux qui avaient été considérés comme indignes de porter l’uniforme redeviennent soldats. Ceux que l’on avait retranchés de la Nation participent désormais à sa libération.

Ce retour sous les drapeaux n’avait pourtant rien d’évident. Ce choix ne procédait ni de l’oubli ni du pardon ; il reposait sur une distinction essentielle : Vichy n’était pas toute la France.

Dans de nombreuses familles, des hommes ont repris l’uniforme après l’exclusion et l’internement. Militaires d’active, ils rejoignent les forces engagées dans la campagne d’Italie, puis dans la reconquête du territoire national. Ils combattent pour libérer la France et chasser de son territoire l’occupant allemand.

Cette histoire, c’est celle de nombreux Français juifs d’Algérie qui retrouvèrent leur place dans l’Armée d’Afrique après la campagne de Tunisie.

Profondément réorganisée et rééquipée par les Alliés, l’Armée d’Afrique devient l’un des principaux piliers des forces françaises engagées dans la Libération. Elle rassemble des militaires de carrière, des mobilisés d’Afrique du Nord, des volontaires issus des Forces françaises libres et ces Français juifs qui avaient été exclus de l’armée ou privés de leurs droits par Vichy.

Certains avaient déjà servi sous l’uniforme français. D’autres étaient officiers, sous-officiers ou réservistes avant d’être radiés parce qu’ils étaient juifs. Certains avaient également été internés, notamment à Bedeau.

Ils rejoignent les unités de l’Armée d’Afrique qui participent à la campagne d’Italie et qui formeront ensuite l’ossature de la Première Armée française commandée par le général de Lattre de Tassigny. En Italie, les combats sont particulièrement difficiles.

Les troupes françaises participent à la rupture du front allemand et à l’avancée alliée.

Puis vient le débarquement de Provence, en août 1944. Les forces françaises contribuent à la libération de Toulon et de Marseille, remontent la vallée du Rhône, combattent dans les Vosges et en Alsace, participent à la réduction de la poche de Colmar, franchissent le Rhin et poursuivent leur progression en Allemagne.

Une partie des effectifs de l’Armée d’Afrique vient renforcer la 2ᵉ Division blindée du général Leclerc, constituée au sein des Forces françaises libres. Parmi ces renforts figurent des Français juifs d’Algérie qui prennent part, selon leurs affectations, aux opérations de la 2ᵉ DB jusqu’à Strasbourg, puis en Allemagne.

Le parcours des Français juifs d’Algérie s’inscrit pleinement dans cette histoire. Victimes des lois antisémites, privés de leur citoyenneté, exclus de l’armée, parfois internés après avoir porté l’uniforme français, ils deviennent résistants puis soldats de la Libération. Leur engagement illustre une fidélité à la France, celle de la République, de la liberté et de l’égalité des droits.

Le film De Gaulle ne se contente pas de retracer un moment majeur de notre histoire. Il ravive le sens de l’engagement, le devoir de défendre la liberté, la République et la Nation lorsqu’elles sont menacées. C’est précisément parce qu’il fait renaître cet esprit de résistance et de patriotisme qu’il m’impose le devoir de rappeler l’engagement de ces Français juifs d’Algérie qui, après avoir été exclus de la communauté nationale par le régime de Vichy, choisirent pourtant de reprendre les armes pour libérer la France. Sans avoir vocation à embrasser tous les destins de la Libération, ce film m’a aussi donné l’occasion de faire revivre une page de notre histoire qui demeure encore trop souvent dans l’ombre.

Pour ceux dont les pères ont connu les lois antijuives, la perte de la citoyenneté, l’internement à Bedeau, puis le retour sous l’uniforme, la campagne d’Italie et la reconquête de la France, cette mémoire ne peut rester abstraite. Elle est faite de visages, d’épreuves et de choix. Elle est aussi celle d’une fidélité que l’injustice n’a pas réussi à détruire.

Les Français juifs d’Algérie appartiennent pleinement à cette histoire. Leur parcours rappelle que ceux que Vichy avait exclus de la communauté nationale contribuèrent ensuite à rendre à la France sa liberté.

À l’heure où le film De Gaulle nous invite à redécouvrir cette période fondatrice, il est juste de rendre leur place à ces femmes et à ces hommes qui furent successivement victimes des lois antisémites, acteurs de la Résistance lors du débarquement allié et combattants des armées de la Libération.

Leur histoire ne demande ni privilège ni traitement particulier. Elle demande simplement à être connue, transmise et reconnue pour ce qu’elle est : une page à part entière de l’histoire des Juifs d’Algérie et de l’histoire de France.

  • Un ouvrage en hébreu bientôt publié au Liban

L’accord entre Israël et le Liban pourrait-il annoncer une nouvelle ère pour la littérature hébraïque publiée dans le voisin du nord de l’État juif ? Le livre « La révolution abrahamique » sera publié au Liban l’année prochaine, annonce Tom Wegner sur sa page Facebook.

« Cela représente une percée pour la littérature israélienne et les relations entre Israël et le Liban. Ce n’est pas la première fois que des livres israéliens sont publiés à Beyrouth, mais jusqu’à présent, les librairies n’ont stocké que des livres contenant de vives critiques d’Israël et du sionisme, comme des œuvres d’Ilan Pappé.

Maintenant, les règles du jeu changent. « La révolution abrahamique » sera le premier livre israélien publié au Liban qui présente un fier point de vue israélo-national, et offre un programme de paix régional basé sur l’acceptation mutuelle – sans s’excuser pour le droit d’Israël à l’existence et à la légitime défense, et voir le sionisme comme un « problème », mais une partie de la solution pour le Moyen-Orient.

Mais ce livre n’est que le début, le premier du projet « Bibliothèque abrahamique ».

Très bientôt, nous annoncerons plus de livres israéliens qui seront publiés en arabe dans les éditions libanaises – du point de vue israélien divers, de la littérature et de la poésie aux livres sur le judaïsme. » Lire la suite

Karen E.H. Skinazi a organisé un «événement sur le thème de la séfarade pour le Mois de la culture juive
  • Les Juifs orientaux relancent la culture séfarade britannique

Le Royaume-Uni connaît-il une renaissance séfarade ? Dans son article pour le magazine Fathom, Karen E. H. Skinazi détecte une nouvelle vague de culture séfarade balayant le Royaume-Uni.

L’année dernière, avant de quitter son rôle de rabbin principal de la communauté S&P Sephardi du Royaume-Uni, le rabbin Joseph Dweck a affirmé que la culture séfarade, un aliment de base de ce pays depuis la réadmission des Juifs par Oliver Cromwell, avait très peu changé avec le temps. À Londres, a-t-il déclaré, « les coutumes et les traditions sont profondément enracinées dans les vieilles traditions occidentales et anglaises qui persistent depuis plus de 400 ans, même avec l’arrivée d’immigrants du Moyen-Orient ». Se référant au chœur et aux airs, il a ajouté que « même lorsqu’une mélodie était à l’origine orientale, elle s’est occidentalisée au fil du temps ».

Cela semble une déclaration surprenante d’un rabbin d’origine syrienne qui tenait la barre de la première congrégation séfarade du pays, une congrégation qui a choisi, pendant son mandat, de rebrander de la Congrégation juive espagnole et portugaise de Londres au « S&P séfarade ». Ce changement, en 2015, était une tentative de reconnaître la communauté séfarade plus large qu’elle englobait. Alison Rosen, directrice exécutive, a expliqué explicitement à l’époque que le nouveau nom « reflète l’ensemble de la communauté S et P qui comprend non seulement les Juifs espagnols et portugais qui ont établi la communauté, mais aussi les nombreux Juifs orientaux qui font maintenant partie des S et P », le rabbin principal, bien sûr, parmi eux.

Ces nouveaux Juifs «orientaux», originaires d’Irak, d’Égypte, du Yémen, d’Iran, de Libye, du Maroc et d’ailleurs, dont la plupart sont arrivés au Royaume-Uni dans l’après-guerre, peuplent non seulement des bancs sur Lauderdale Road et Bevis Marks, mais ils alimentent également une renaissance culturelle séfarade dans ce pays. Lire la suite

Juifs de Libye en 1951 (Photo: Congrès juif mondial)
  • L’histoire méconnue des Juifs de Libye portée à Londres dans un documentaire poignant présenté en avant-première

La projection de Harif met en lumière l’histoire oubliée des Juifs de Libye à travers le témoignage des survivants et la mission personnelle d’un cinéaste

L’histoire de la communauté juive libyenne longtemps oubliée a été présentée au public londonien cette semaine alors qu’un nouveau documentaire explorant la persécution, la survie et l’exil a reçu sa première au Royaume-Uni.

Le Cose Non Dette (Choses laissées non-saïd), réalisé par le cinéaste italo-libyen Hamos Guetta, a été projeté mardi à JW3 lors d’un événement organisé par Harif, l’Association britannique des Juifs du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.

Fondée en 2005, Harif œuvre à la préservation de l’histoire et du patrimoine des communautés juives du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, aux campagnes de reconnaissance des réfugiés juifs des pays arabes et à la sensibilisation aux communautés qui ont largement disparu de la région.

Le film de 81 minutes suit les expériences des Juifs libyens sous le colonel Mouammar Kadhafi à travers le témoignage de survivants et de leurs familles, en se concentrant sur l’ingénieur Giulio Hassan et sa femme Jasmine, dont la vie a été déchirée par l’emprisonnement, la persécution et l’exil éventuel.

S’exprimant après la projection, Guetta a expliqué que ses propres souvenirs d’enfance de la Libye ont inspiré une recherche de toute une vie pour comprendre l’histoire de la communauté.

Il a déclaré à l’auditoire que des souvenirs incomplets de ses premières années l’avaient poussé à documenter les histoires d’autres Juifs libyens avant qu’ils ne disparaissent.

“Une interview avec Giulio, je l’ai fait de manière décontractée”, a-t-il déclaré. « Je l’ai rencontré à Rome… J’ai commencé le point qu’il y a une histoire, et je l’ai construite. »

Guetta a déclaré que le film visait non seulement à documenter les expériences individuelles, mais aussi à aider le public à comprendre l’histoire plus large d’une communauté qui a vécu en Libye pendant plus de 2.000 ans.

« Si vous voulez connaître la communauté, l’histoire des gens et la mentalité sophistiquée, vous devez aussi entendre d’où viennent tous ceux-là. »

Le cinéaste a également réfléchi à la place de la Grande-Bretagne dans l’histoire juive libyenne, décrivant le 5 novembre comme une date qui portait à la fois de l’espoir et de la tragédie.

Il a noté que la victoire britannique à El Alamein en 1942 empêchait les plans d’expulsion des Juifs de Libye dans les camps d’extermination nazis, mais critiquait également la gestion par l’administration britannique du pogrom anti-juif à Tripoli le 5 novembre 1945. Lire la suite

  • Pourquoi la Syrie a-t-elle soudainement besoin de son dernier juif pratiquant ? Elle a besoin de l’Amérique.

Par Simone Saidmehr

Alors que la Syrie cherche à alléger les sanctions et les investissements étrangers, ses nouveaux dirigeants courtisent la diaspora juive autrefois poussée à l’exil.

Dans ce qui était autrefois l’ancien quartier juif de la Syrie, Bakhour Chamntoub, un célibataire de 76 ans, qui joue au tennis, vit comme le dernier juif pratiquant en Syrie et le chef de facto de la communauté juive syrienne de six personnes.

La vie a changé pour Chamntoub depuis la chute du régime d’Assad, très oppressant, en décembre 2024. Sous Assad, lui et le reste des Juifs restants de la Syrie ont gardé un profil bas. Maintenant, Chamntoub est devenu une célébrité locale.

Les enfants palestiniens de son quartier frappent régulièrement à sa porte pour demander des balles de tennis. Un habitant musulman de Damas a déclaré qu’il qualifiait Chamntoub de « oncle ». Et ces jours-ci, il accueille régulièrement des journalistes, des touristes et des universitaires dans sa maison – ce qu’il dit aurait été impossible sous Assad. Les membres des médias israéliens l’appellent maintenant leur « non. 1 Juif”, dit-il.

Quand il marche dans la rue, les voisins le saluent chaleureusement. « Shalom, boker tov, shabbat shalom, » tout le monde me dit ! Il a partagé joyeusement lors d’une conversation vidéo depuis son patio à Damas.

Alors que la Syrie cherche à obtenir un soulagement des sanctions, des investissements étrangers et une légitimité internationale après des décennies de dictature, la sensibilisation des Juifs est devenue un moyen pour le nouveau gouvernement de signaler sa nouvelle tolérance à l’Occident. Et ça semble fonctionner. Cette semaine, le président Donald Trump a annoncé son intention de retirer la Syrie de la liste des sponsors du terrorisme du département d’État pour la première fois depuis 1979. Lire la suite

  • Les Juifs de Tunis, La Goulette, l’Ariana et Hammam-Lif depuis 1900

Par Freddy Galula

Au début du XXᵉ siècle, les communautés juives de Tunis, de La Goulette, de l’Ariana et de Hammam-Lif formaient un ensemble vivant, dynamique et profondément enraciné dans l’histoire de la Tunisie.

À Tunis, la Hara restait le cœur historique du judaïsme tunisien, mais de nombreuses familles s’installèrent progressivement dans les nouveaux quartiers de la ville. Commerçants, artisans, médecins, avocats, enseignants et industriels contribuèrent largement au développement économique et culturel du pays.

À La Goulette, Juifs, musulmans, chrétiens, Maltais, Italiens et Français vivaient souvent côte à côte. Le port, les plages, les cafés, les restaurants cacher et les fêtes populaires faisaient de cette ville un symbole du cosmopolitisme tunisien.

L’Ariana devint, dès les années 1920 et 1930, un important centre de résidence pour les familles juives quittant la Hara de Tunis. La ville comptait plusieurs synagogues, des écoles, des commerces et une vie communautaire particulièrement active.

À Hammam-Lif, la présence juive était ancienne, comme en témoigne la célèbre synagogue antique de Naro, l’une des plus anciennes connues en Afrique du Nord. Au XXᵉ siècle, de nombreuses familles juives y vivaient, travaillant dans le commerce, l’artisanat et les professions libérales.

Dans les années 1950, la communauté juive de Tunisie atteignait environ 100 000 à 120 000 personnes. Les événements politiques, l’indépendance, puis les crises régionales entraînèrent progressivement le départ de la majorité des familles vers la France, Israël et d’autres pays.

Aujourd’hui, les souvenirs demeurent vivants grâce aux témoignages, aux photographies, aux archives et aux récits des anciens. Ils rappellent une époque où les Juifs de Tunis, de La Goulette, de l’Ariana et de Hammam-Lif ont profondément marqué l’histoire, la culture et le patrimoine de la Tunisie.

Freddy Galula

Pour que la mémoire des Juifs de Tunisie continue à vivre et à être transmise aux générations futures. Lire la suite

  • Personne ne veut parler des réfugiés juifs oubliés du Moyen-Orient

Cet article du Telegraph de David Harris, ancien PDG du Comité juif américain et auteur de «L’antisémitisme: ce que tout le monde a besoin de savoir» (Oxford University Press, 2025) est en quelque sorte une première dans un journal britannique grand public: il expose l’histoire des réfugiés juifs de pays arabes non seulement comme un point de discussion, mais longuement, comme une question à part entière. Il le fait en se concentrant sur la famille Boukhobza de la propre épouse de Harris, Giulietta, qui était assez optimiste sur l’avenir de la Libye pour rester après l’exode massif des années cinquante. En 1967, eux aussi ont été forcés de fuir et les chrétiens sont devenus la cible choisie du bigotisme mortel. Les 500 + commentaires qui suivent l’article sont instructifs: La plupart apprécient l’importance des réfugiés juifs pour leur compréhension du conflit au Moyen-Orient, certains professent l’ignorance et une minorité s’engagent dans le déni habituel et les théories du complot.

Chaque mois de juillet, des millions d’euros embarquent pour leurs vacances d’été. Mais en juillet 1967, la famille Boukhobza, tous les 10, n’a pas prévu de vacances ni réservé de billets aller-retour.

Au contraire, ils ont pris un vol de Tripoli, Libye, à Rome, Italie. Aucun n’avait jamais volé auparavant. Leurs billets étaient à sens unique. Ils quittaient la patrie ancestrale de leur famille pour toujours. Ils n’avaient pas le choix. Ils étaient juifs. Et ils ont été parmi les chanceux de sortir. Dans les pogroms contre les Juifs dans les semaines précédentes, certaines familles entières ont été assassinées.

Ceux qui n’ont pas été tués ont reçu trois choix par les autorités: rester à la maison sans garantie de protection de la police, déménager dans un camp, ou partir avec une valise chacun et l’équivalent de 30 livres sterling. Tout le monde a choisi la troisième option.

Cette année-là, la Libye est devenue Judenrein – vide de Juifs – marquant la fin d’une présence juive sur le sol libyen qui avait duré plus de deux millénaires et qui était antérieure à la conquête et à la colonisation arabes du VIIe siècle par centaines d’années.

Certes, le sort des Juifs en Libye était loin d’être unique. Des communautés juives autrefois nombreuses en Algérie, en Égypte, en Irak, au Liban, au Soudan, en Syrie, au Yémen et ailleurs ont également disparu. En tout, environ 850.000 Juifs de ces pays à majorité musulmane sont partis, principalement chassés par la violence, la discrimination et l’intolérance.

Connus sous le nom de « réfugiés oubliés » du conflit israélo-arabe, ils ont finalement dépassé les premiers réfugiés arabes palestiniens créés par les guerres contre Israël. Pourtant, contrairement aux Palestiniens, on entend peu de choses à leur sujet, leur histoire est ignorée, et aucun organisme spécial des Nations Unies n’est créé pour nourrir leurs griefs. Au lieu de cela, aussi douloureusement et œurment soit-il, ils ont choisi de reconstruire leur vie ailleurs plutôt que de rester dans le statut de réfugié perpétuel. Lire la suite

  • Savta Miriam nous a quittés, mais son histoire demeure

Tal Oran a passé sa vie à faire la navette entre Israël et les États-Unis, mais après le 7 octobre, il a décidé de retourner définitivement en Israël et de devenir un défenseur de l’histoire de Mizrahi. En tant que Traveling Clatt, il a construit un suivi de près de 900.000 abonnés à sa chaîne Youtube, dont beaucoup de musulmans irakiens, descendants repentants de ceux qui ont chassé sa famille juive. La mort de sa grand-mère Miriam l’a inspiré à enregistrer une vidéo en mouvement, qui a attiré 3.000 vues

Safta Miriam, qui vivait en Israël, était un îlot de stabilité, un point fixe de la vie péripatétique de Tal Oran. Elle était une réfugiée issue du nettoyage ethnique, un juif babylonien. Elle était « la vraie affaire ». C’est notre travail de raconter son histoire, dit Tal.

La famille de Miriam a survécu au massacre de Farhud en 1941 et est venue en Israël via l’Iran. Tal a parlé de ce terrible événement lors d’une cérémonie à la résidence du président Herzog pour marquer le 85e anniversaire du massacre. Ce discours a glané 100.000 vues.

Écouter le discours de Tal était Barak Swarttz (Schwartz), un entraîneur de basket-ball ashkénaze qui a fait de l’aliya des États-Unis et est lui-même un influenceur des médias sociaux qui prétend avoir un million d’auditeurs. Il exhorte ses disciples à traiter l’histoire de Safta Miriam non pas comme un point de discussion temporaire, mais d’urgence. Pour trois Palestiniens déplacés dans leur «nakba», quatre Juifs ont été ethniquement nettoyés du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Pourtant, même les Juifs «ferment» l’histoire de Mizrahi.

Voir la vidéo ici

Evénements en cours ou à venir

  • Marc Chagall. « Jour de fête », 1914 – Du 24 juin au 1er novembre 2026 – mahJ

Le mahJ présente cette œuvre majeure et énigmatique de Marc Chagall, analysée et interprétée par sept personnalités : historiens de l’art, philosophes et sociologues.

Œuvre emblématique de Chagall, Jour de fête a été peinte à Vitebsk en 1914, au retour de l’artiste dans sa ville natale après quatre années passées à Paris. Fortement inspirée par son environnement religieux, cette toile renvoie à l’iconographie de la fête des Cabanes (Soukkot), l’une des fêtes majeures du judaïsme.
Pour interpréter cette œuvre énigmatique, l’accrochage est accompagné de sept pastilles sonores proposant une lecture par l’historien Jean Baumgarten, le yiddishiste Arnaud Bikard, l’historien de l’art Itzhak Goldberg, l’artiste Franck Leibovici, le rabbin et philosophe Marc-Alain Ouaknin, la conservatrice Pascale Samuel et la psychologue Nathalie Zajde.

À l’occasion de ce prêt exceptionnel par la Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen de Düsseldorf, le mahJ propose une nouvelle présentation de ses collections en lien avec la fête de Soukkot. Réservations

  • «The Jewish Marais», Paris – Promenade hors les murs

Visites guidées en anglais

Dimanche 30 août 2026 – 15:00 -17:00

Dimanche 4 octobre 2026 – 15:00 -17:00

Dimanche 11 octobre 2026 – 15:00 -17:00

par Stéphanie Nadalo ou Orlie Taïeb, conférencières anglophones

Le mahJ propose une promenade en anglais dans le Marais, quartier qui abrite une communauté juive dès le XIIIe siècle. Cette visite guidée permet de découvrir rues, façades, jardins, synagogues, écoles juives ou ancien hammam, tous porteurs de l’âme, des rituels et des traditions du quartier.

Réservations

  • Noa Eshkol, 1924-2007. Danse et compositions du 16 avril au 30 août 2026 – mahJ

Le mahJ présente la première exposition en France consacrée à l’artiste israélienne Noa Eshkol (Degania, 1924 – Holon, 2007). Pionnière de la danse moderne, chorégraphe, elle fut aussi une prodigieuse artiste textile. L’exposition met en lumière son œuvre des années 1950 aux années 2000, de ses compositions chorégraphiques à ses célèbres wall carpets, à travers dessins, photographies et vidéos.

Danseuse, chorégraphe et artiste, Noa Eshkol occupe une place centrale dans l’histoire de la danse moderne en Israël. Connue pour son système de notation du mouvement, elle crée en 1951 le Chamber Dance Group. Ses chorégraphies, construites comme des suites rigoureuses, se distinguent par leur extrême sobriété autant que par leur grande complexité.

À partir des années 1970, son travail prend un tournant décisif. À la danse s’ajoute la création de wall carpets — de vastes compositions textiles réalisées sans règles ni théorie, guidées, selon ses propres mots, « seulement par la passion ».

D’un médium à l’autre, de l’écriture du mouvement à la composition textile, son œuvre trace un parcours singulier : de l’expression collective du corps à un langage visuel quasi pictural. Longtemps restée confidentielle, elle suscite aujourd’hui un intérêt croissant auprès d’une nouvelle génération d’artistes. « Noa Eshkol, 1924-2007. Danse et compositions », première exposition en France qui lui est consacrée, propose un parcours à travers l’ensemble de sa vie et de son œuvre. Elle inclut également des installations de Yael Bartana et Sharon Lockhart.

Née au kibboutz Degania Bet, fondé en 1920, Noa Eshkol se forme à Tel-Aviv à l’école de la chorégraphe allemande Tile Rössler, représentante de la danse expressionniste. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle poursuit son apprentissage à Manchester auprès de Rudolf Laban. Insatisfaite par son système de notation, elle cherche sa propre voie.

De retour en Israël en 1951, elle fonde sa compagnie et élabore un langage chorégraphique radical. Dans un dispositif minimal — lumière neutre, costumes noirs, accompagnement au métronome — tout est conçu pour révéler la précision des séquences de mouvement.

Pendant près de vingt ans, la notation du mouvement sera le sens de sa vie. Mais la guerre de Kippour, en octobre 1973, marque une rupture. Déclarant « No time to dance », elle abandonne la scène pour se consacrer à la création textile. Avec sa troupe, elle réalise alors de grandes œuvres à partir de tissus récupérés — vêtements, chutes — assemblés selon la technique de l’appliqué. Entre abstraction, nature morte et paysage, ces compositions donnent naissance à près de 1 800 œuvres. Cette production fait de Noa Eshkol l’une des artistes textiles les plus inventives et prolifiques du XXsiècle. Réservations

Nouvelles lectures

  • Être juif au Maghreb à la veille de la colonisation de Jacques Taïeb

Le Maghreb juif autour de 1850, un petit monde baroque, coloré, déroutant, pathétique. Un univers encore pétri de traditions, une intimité millénaire avec l’islam, conflictuelle ou conviviale. C’est cette société, ses valeurs, ses signes, son quotidien qui sont ici saisis, reconstitués, explicités, avant l’irruption fracassante de l’Occident et de sa fébrile modernité.

Édition : Albin Michel, 146 pages Lire la suite

  • Isaac Abravanel. Conseiller des princes et philosophe, 1437-1508 de Roland Goetschel

Figure légendaire du judaïsme hébraïque, don Isaac Abravanel (1437-1508) mit ses talents d’homme politique et de financier au service des rois du Portugal, d’Espagne, de Naples et des doges de Venise, et assuma avec dignité la représentation de sa communauté auprès des souverains espagnols lorsque le destin des juifs d’Espagne bascula. Il fut également un …

Figure légendaire du judaïsme hébraïque, don Isaac Abravanel (1437-1508) mit ses talents d’homme politique et de financier au service des rois du Portugal, d’Espagne, de Naples et des doges de Venise, et assuma avec dignité la représentation de sa communauté auprès des souverains espagnols lorsque le destin des juifs d’Espagne bascula. Il fut également un penseur dont les écrits constituent le point d’orgue de la philosophie juive médiévale ; son commentaire de la Bible est devenu un classique.
Roland Goetschel, professeur des Universités, directeur du Centre d’études juives de la Sorbonne, retrace la vie et l’oeuvre de cet homme dont la réflexion a nourri le renouveau messianique qui traversa le monde juif aux XVIe et XVIIe siècles.

Édition : Albin Michel, 201 pages Lire la suite

Bonnes lectures !

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