Célébration du patrimoine judéo-marocain lors d’un concert de la paix et de la fraternité à Créteil

Soiree-judeo-marocaine-a-Creteil

Dimanche 21 juin 2026, le président du Crif, Yonathan Arfi, était présent au concert de la paix et de la fraternité organisé à Créteil par l’Association culturelle israélite de Créteil (ACIC), en partenariat avec l’ambassade du Royaume du Maroc en France. Ce concert a mis à l’honneur le patrimoine musical judéo-marocain et a rassemblé la communauté marocaine de différentes confessions en célébrant la paix et la fraternité pour la fête de la musique.

Une soirée placée sous le signe de la paix et de la fraternité

En présence de S.E. Samira Sitaïl, ambassadrice du Royaume du Maroc en France, cette soirée musicale animée par les artistes marocains, Pinhas Cohen, Moshé Barshishat et Faysel Benhaddou a réuni les membres de la communauté marocaine de différentes confessions. L’occasion de célébrer, la paix, le vivre-ensemble et la fraternité.

Le président du Crif, Yonathan Arfi, était également présent aux côtés notamment d’Albert El Harrar, président de la communauté juive de Créteil et représentant du Crif dans le Val-d’Oise. Lire la suite

Crédit photo : Alain Azria

Remise de la Croix de Guerre à Emile Atlan, Paul Sebaoun, Charles Bouchara CC BY-SA 4.0
  • La résistance juive en Algérie sous Vichy

Par Serge Dahan, Président de l’INSSEF

Dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, la résistance juive en Algérie demeure méconnue. Lorsque son rôle est évoqué, il se limite souvent à la nuit du 7 au 8 novembre 1942, au cours de laquelle plusieurs centaines de résistants juifs contribuèrent au succès du débarquement allié en Afrique du Nord lors de l’Opération Torch.

Dès 1940, les Juifs d’Algérie sont frappés de plein fouet par les mesures antisémites du régime de Vichy. Déchus de leur citoyenneté française, exclus des écoles, de l’administration, de l’armée et de nombreuses professions, ils organisent progressivement des réseaux d’entraide destinés à soutenir les familles touchées par les persécutions.

De cette résistance quotidienne naîtront peu à peu une conscience politique, des réseaux de confiance, des structures clandestines et finalement une organisation capable de jouer un rôle décisif dans les événements de novembre 1942.

L’histoire des Juifs d’Algérie ne commence pas avec la colonisation française. La présence de communautés juives en Afrique du Nord remonte à l’Antiquité et s’est poursuivie bien avant l’arrivée des Français en 1830. L’année 1870 marque toutefois un tournant décisif. Par le Décret Crémieux, le gouvernement français accorde collectivement la citoyenneté française aux Juifs d’Algérie. Au fil des décennies pour les Juifs d’Algérie la République française apparaît comme la garante de l’égalité civile.
À la veille de la Première Guerre mondiale, puis durant le conflit lui-même, plusieurs milliers de Juifs algériens servent sous l’uniforme français. Beaucoup combattent sur les champs de bataille, certains y perdent la vie, d’autres sont décorés pour leur courage. Dans de nombreuses familles, le souvenir de ces engagements nourrit un attachement profond à la France.

Pourtant, dès la fin du XIXe siècle, l’Algérie devient l’un des foyers les plus actifs de l’antisémitisme politique français, dans les grandes villes des campagnes virulentes sont menées contre les Juifs. L’Algérie est marquée par l’Affaire Dreyfus, les idées antisémites d’Édouard Drumont rencontrent un écho important, des émeutes antijuives éclatent à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle.

Lorsque la guerre éclate en septembre 1939, les Juifs d’Algérie répondent naturellement à l’appel de la France. Comme lors du conflit précédent, ils se mobilisent avec le sentiment d’accomplir leur devoir envers une patrie à laquelle ils sont profondément attachés. Rien ne laisse alors présager que, quelques mois plus tard, l’État français lui-même remettra en cause leur place au sein de la nation.

La défaite militaire de la France face à l’Allemagne nazie en mai-juin 1940 provoque l’effondrement de la IIIe République. Le 22 juin 1940, un armistice est signé avec l’Allemagne. Quelques semaines plus tard, le maréchal Philippe Pétain reçoit les pleins pouvoirs et met en place à Vichy un nouveau régime autoritaire qui rompt avec les principes républicains.

Ce régime engage rapidement une politique de collaboration avec l’Allemagne nazie. Sans y être contraint par les autorités allemandes, il adopte une série de mesures d’exclusion visant les Juifs de France et de l’Empire colonial français. Dès octobre 1940, le premier « Statut des Juifs » les écarte de nombreuses fonctions publiques, administratives, militaires et intellectuelles.
Le 7 octobre 1940, le régime de Vichy abroge le décret Crémieux, Juifs d’Algérie perdent leur nationalité française, sont exclus de la fonction publique, de l’armée, de la magistrature, de l’enseignement, de nombreuses professions libérales ainsi que de la vie politique locale. Des enfants juifs sont progressivement écartés des écoles publiques.

Leur exclusion n’est pas une simple conséquence de la défaite militaire, mais le résultat d’une politique antisémite assumée par le régime de Vichy. Cette prise de conscience est d’autant plus douloureuse qu’elle émane non d’une puissance occupante étrangère, mais de l’État français lui-même.

C’est dans ce contexte que les premières formes de résistance juive en Algérie prennent forme, fondée sur l’entraide, la solidarité et la préservation de la dignité des familles touchées par les lois raciales. Cette résistance évoluera progressivement vers une organisation clandestine qui jouera un rôle décisif dans les événements de novembre 1942.

À partir de l’automne 1940, derrière les lois de Vichy se cachent des réalités très concrètes : un professeur qui ne peut plus enseigner, un fonctionnaire renvoyé de son administration, un médecin privé de sa clientèle, des familles brusquement privées de leurs revenus. Face à cette situation, un vaste mouvement de solidarité se met en place. Dans les quartiers juifs d’Alger, d’Oran ou de Constantine, des hommes et des femmes s’organisent pour venir en aide aux plus fragiles. On collecte de l’argent, on partage des vêtements, on distribue des colis alimentaires, on recherche un emploi provisoire pour un père de famille ou un logement moins coûteux pour un foyer en difficulté. Dans l’adversité, l’entraide devient un réflexe collectif et le premier rempart contre l’exclusion.
Sans discours politiques, sans armes et sans clandestinité spectaculaire, une première forme de résistance est à l’œuvre. Pour beaucoup de futurs résistants, cette période est fondatrice. Les réseaux de confiance qui se créent alors, les habitudes d’organisation collective, les liens tissés entre familles, enseignants, anciens combattants, médecins ou commerçants formeront plus tard l’ossature même de la résistance clandestine. C’est dans cette solidarité quotidienne, discrète mais déterminée, que naît la résistance.

Parmi toutes les mesures prises par Vichy, l’exclusion des enfants juifs des écoles françaises est sans doute celle qui blesse le plus profondément les familles. Au-delà des conséquences scolaires, elle touche au cœur même de l’intégration républicaine. Depuis plusieurs générations, l’école était perçue comme le principal vecteur d’ascension sociale et d’appartenance à la nation française. Du jour au lendemain, des milliers d’enfants sont séparés de leurs camarades de classe et privés d’un avenir que leurs parents croyaient acquis. Pour beaucoup, cette expérience constitue le premier contact direct avec l’antisémitisme d’État et laissera une blessure durable dans les mémoires.

Professeurs, instituteurs et directeurs d’école, eux-mêmes exclus de leurs fonctions ou solidaires des familles touchées, décident de poursuivre leur mission. Ils organisent des cours dans des appartements, des locaux associatifs ou communautaires. Avec des moyens limités, ces enseignants s’efforcent de maintenir un enseignement régulier. Les programmes sont poursuivis afin que les enfants ne prennent pas de retard et puissent un jour retrouver une scolarité normale. Pour beaucoup cette école de remplacement devient un symbole de résistance. Là encore, se créent des réseaux de confiance qui joueront un rôle dans l’organisation de la résistance clandestine.

À travers toute l’Afrique du Nord française, le régime de Vichy met en place un système de camps d’internement et de travail forcé. Parmi les lieux les plus connus figurent Djelfa, Boghari, Bedeau ou encore Colomb-Béchar. Pour ceux qui y sont envoyés, les conditions de vie sont éprouvantes : le travail est pénible, le climat souvent hostile et la nourriture insuffisante. Face à cette situation, des réseaux de solidarité s’organisent pour envoyer des colis alimentaires, des vêtements, des médicaments ou de l’argent. Ils s’efforcent également de maintenir le lien entre les internés et leurs proches en faisant circuler des lettres ou en intervenant auprès des autorités lorsque cela est possible. Discrètes mais essentielles, ces actions apportent un soutien matériel et moral précieux aux internés.

Lorsque la résistance juive clandestine se développera en 1942, elle trouvera dans ces expériences accumulées depuis deux ans un savoir-faire précieux. Une véritable conscience résistante est en train de naître.

Les Juifs d’Algérie avaient de nombreuses raisons de se détourner de la France. C’est l’État français qui les a déchus de leur citoyenneté et l’Algérie française porte une longue histoire de tensions antisémites. Mais face à l’épreuve ceux qui s’engagent dans l’entraide et la résistance ne renoncent pas à leur attachement à la France et font une distinction essentielle entre la France de Vichy et la France des droits civiques, de l’école républicaine et des sacrifices consentis ensemble pendant la Première Guerre mondiale.

Pour les juifs d’Algérie, Vichy ne représente pas la France, le régime de Pétain apparaît comme une parenthèse née de la défaite, dès lors peu à peu se développe l’idée que la lutte contre Vichy ne concerne l’avenir même de la France. La France a été vaincue, mais elle n’a pas disparu.

Cette idée rapproche naturellement les futurs résistants juifs de tous ceux qui refusent la défaite, qu’ils soient gaullistes, militaires restés fidèles à leur serment, républicains ou simples patriotes.
Lorsque les premiers contacts avec les Alliés apparaissent en 1942, cette infrastructure humaine existe, les jeunes juifs qui prépareront l’insurrection d’Alger ne surgissent pas de nulle part, ils sont issus de deux années d’organisation, de solidarité et de résistance morale. La résistance militaire qui s’organise naît directement de cette fidélité à une certaine idée de la France.

À mesure que les réseaux de solidarité se transforment en organisations clandestines, les résistants juifs occupent une place de plus en plus importante dans le dispositif qui se met en place à Alger et dans plusieurs autres villes d’Algérie.

Les résistants juifs disposent de responsables identifiés, de relais dans plusieurs quartiers, de moyens de communication éprouvés, cette avance organisationnelle explique la place occupée par les résistants juifs dans la préparation de l’action clandestine.

Autour du jeune médecin José Aboulker, de son père Henri Aboulker, de Roger Carcassonne, se constitue progressivement l’un des groupes les plus actifs de toute la résistance nord-africaine. Beaucoup de ses membres sont très jeunes. Étudiants, lycéens, jeunes médecins, commerçants, ils appartiennent à une génération qui a grandi dans l’attachement à la France républicaine, leur détermination impressionne les autres composantes de la résistance. Alors même qu’ils ont été exclus de la citoyenneté française, tous considèrent que la France doit reprendre sa place dans le combat contre l’Allemagne et que l’honneur national exige de poursuivre la guerre. Cette attitude suscite l’estime de leurs compagnons de lutte.

Les dirigeants juifs de la résistance entretiennent des relations de confiance avec des personnalités de la résistance comme Henri d’Astier de La Vigerie qui coopère étroitement avec José Aboulker

C’est à Alger autour du jeune médecin José Aboulker que se constitue progressivement un groupe de plus en plus structuré, et c’est à Oran autour de Roger Carcassonne que se développe un réseau qui prépare le terrain à une future action alliée tout en développant des capacités propres d’intervention. Les contacts entre Alger et Oran se renforcent progressivement, permettant une meilleure coordination des initiatives.

Lorsqu’il devient nécessaire de préparer des opérations clandestines, de trouver des lieux sûrs pour les réunions ou d’assurer la circulation discrète d’informations sensibles, les groupes dirigés par José Aboulker apparaissent comme des partenaires particulièrement fiables, à l’approche de l’Opération Torch les responsables alliés comprennent rapidement qu’ils ont affaire à des hommes capables de passer de la parole aux actes.
Les Alliés cherchent un lieu où engager massivement leurs forces contre l’Axe et l’Afrique du Nord apparaît rapidement comme une cible privilégiée. Une opération de débarquement est alors envisagée sur les côtes du Maroc et de l’Algérie. Cette future opération recevra le nom d’Opération Torch.

Pour les réseaux dirigés par José Aboulker, la perspective d’un débarquement allié représente une occasion historique. Ils comprennent rapidement que leur rôle pourrait être déterminant. Leur connaissance du terrain, leurs contacts dans l’administration et leurs relais dans certains milieux militaires leur donnent une capacité d’action que les Alliés ne possèdent pas.

Le moment décisif survient dans la nuit du 21 au 22 octobre 1942, à proximité de Cherchell, à l’ouest d’Alger, une rencontre clandestine est organisée entre des représentants de la résistance et une mission américaine. Des représentants des réseaux algérois rencontrent secrètement le général américain Mark Clark, proche collaborateur du futur commandant des forces alliées, Dwight D. Eisenhower.

Dans la nuit du 7 au 8 novembre 1942, après deux années de préparation discrète, la résistance algéroise passe à l’action.

À Alger, environ quatre cents résistants reçoivent l’ordre d’exécuter le plan élaboré dans les semaines précédentes. Une majorité d’entre eux appartient aux réseaux constitués autour de José Aboulker. Lorsque les résistants passent à l’action dans la nuit du 7 au 8 novembre 1942, Juifs et non-Juifs combattent côte à côte, ils partagent les mêmes risques, les mêmes objectifs et les mêmes espoirs.
Après le débarquement allié les juifs s’attendent à voir abolies les mesures discriminatoires de Vichy, mais la suite des événements rappelle que la question de l’antisémitisme n’a pas disparu, sous l’autorité de François Darlan puis de Henri Giraud, des dispositions antijuives sont maintenues pendant de longs mois.

L’histoire de la résistance juive est singulière, elle est l’histoire d’une alliance entre des hommes qui décident de faire passer la lutte contre la défaite et la collaboration avant leurs divergences, les résistants juifs, malgré les blessures du passé et les ambiguïtés du présent considèrent que la priorité demeure la libération de la France et la victoire contre le nazisme.

Au matin du 8 novembre 1942, les résistants peuvent légitimement penser que leur combat a porté ses fruits. L’insurrection a contribué au succès du débarquement allié à Alger. Les autorités de Vichy ont été neutralisées pendant les heures décisives. L’Afrique du Nord est désormais engagée dans le camp allié et la reprise du combat contre l’Allemagne paraît acquise.

Pour beaucoup de résistants juifs, une autre conséquence semble tout aussi évidente : la disparition prochaine des lois antisémites imposées depuis 1940.

Ceux qui avaient été exclus de la citoyenneté française viennent de participer activement à la libération de l’Afrique du Nord. Beaucoup imaginent que la restauration de leurs droits ne saurait tarder.

Les responsables américains choisissent de s’appuyer sur l’amiral François Darlan. Ancien numéro deux du régime de Vichy, Darlan se trouve à Alger, après de rapides négociations avec les Américains, il devient l’interlocuteur privilégié des Alliés pour administrer l’Afrique du Nord française.

Cette décision provoque l’incompréhension des résistants juifs, celui contre lequel ils se sont battus devient le partenaire privilégié des Alliés. Ils ont risqué leur liberté pour renverser un système et découvrent que l’un de ses principaux dirigeants est désormais installé au sommet du pouvoir. La désillusion est encore plus grande lorsque les autorités contrairement aux attentes légitimes ne décident pas l’abrogation des lois antijuives.

Après l’assassinat de Darlan, le 24 décembre 1942 le général Henri Giraud devient la principale figure du pouvoir français en Afrique du Nord mais là encore, les attentes sont déçues.

Giraud participe à l’effort de guerre des alliés mais il hésite à rompre avec l’ensemble de l’héritage de Vichy, dans son entourage, certains considèrent que le décret Crémieux ne doit pas être rétabli dans l’immédiat.

Il faudra attendre le 21 octobre 1943, près d’un an après l’insurrection d’Alger, pour que le décret Crémieux soit rétabli.

Le survivant de Farhud Joe Samuels se tient aux côtés d’un panel expliquant la détresse des Juifs au Moyen-Orient et en Afrique du Nord pendant l’ère nazie
  • Le musée de LA Shoah ajoute Farhud à ses expositions

L’expérience des Juifs au-delà de l’Europe à l’époque nazie est maintenant décrite au Los Angeles Holocaust Museum. Un panel présentant le témoignage de Joe Samuels, un survivant du Farhud d’inspiration nazie en Irak, a été ajouté aux expositions du musée

Le Musée de l’Holocauste de Los Angeles a élargi ses expositions éducatives pour inclure les expériences des communautés juives au Moyen-Orient et en Afrique du Nord pendant l’ère de l’Holocauste, contribuant ainsi à attirer davantage l’attention sur les histoires qui ont souvent été négligées dans l’éducation traditionnelle à l’Holocauste.

Parmi les histoires en vedette, il y a celle de Joseph Samuels, un membre chéri de la communauté JIMENA et survivant du Farhud de 1941 à Bagdad.

Grâce à des témoignages audio et à du matériel éducatif, les visiteurs peuvent en apprendre davantage sur les expériences de Joe, la violence du Farhud et l’impact de la montée de l’influence nazie et de la propagande antisémite en Irak pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les expositions du musée aident à éclairer la façon dont les persécutions de l’Holocauste ont affecté les communautés juives au-delà de l’Europe, y compris en Irak, en Libye, en Tunisie, au Maroc, en Algérie et ailleurs au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Lire la suite

  • De l’histoire d’une grande robe a celle d’une famille

Tout a commencé un fameux soir de printemps à Marrakech quand la belle Messodie Zafrany s’est fiancée au jeune et fringuant Meyer Afriat. Les youyous assourdissants et le verre de Mahia[i] traditionnel partagé par les parents des promis scellent l’accord d’une union convoitée de longue date par les jeunes gens.

Dès lors, Messodie et sa jeune sœur Hassiba, ayant reçu carte blanche pour l’organisation de l’évènement, s’attellent fébrilement à la préparation de la noce. La première étape est de constituer le trousseau de la mariée et la fabrication de sa pièce maitresse, MOI, la Grande Robe (El Kswa El Kbira en arabe ou Traje de Berberisca en espagnol), qui habillera la promise le jour de son mariage.

Les jeunes filles me choisissent un épais velours d’un rouge grenat éclatant. Elles achètent suffisamment de fils d’or pour me parer et confient ma confection aux meilleurs brodeurs de Marrakech. Elles suivent avec attention la coupe de chacun de mes éléments : le corselet (Ghonbaj), le plastron (Ktef), la longue ceinture (Hzam) tissée de fils d’or, les manches (Kmam) de mousseline de soie blanche et la large jupe (Jeltita) ornée de bandes verticales de broderies de fils d’or. Digne descendante des robes d’apparat créées par les couturiers et les brodeurs juifs de la cour d’Espagne du 15e siècle, je m’engage à faire honneur à ma jeune propriétaire !

Le jour des noces arrive. Je suis fin prête pour vêtir Messodie, ma mariée, qui porte fièrement une couronne d’émeraudes, de rubis, de perles et de pièces d’or (Swalef).

En 1917, la jeune sœur de Messodie, Hassiba, se marie avec le doux Judah Zrihen. Bien qu’attachée aux traditions, la jeune fille souhaite un mariage en robe blanche, comme celles que l’on voit dans les magazines français qu’elle aime feuilleter avec ses amies. Mais elle ne faillit évidemment pas à la coutume et me porte, MOI, la Grande Robe confectionnée pour sa sœur, pendant la soirée de henné[ii] qui précède la noce. C’est le début d’une longue tradition familiale.

Après leur mariage, Messodie et Meyer Afriat s’installent dans le mellah[iii] de Marrakech et mènent une vie paisible et heureuse jusqu’à la naissance de leur petite fille, Chérie en 1920. L’accouchement laborieux et des suites de couches difficiles ont raison de la jeune femme qui, comme sa mère avant elle, décède peu après avoir donné la vie.

En 1922, le père de Judah, Messod Zrihen, alors bijoutier du puissant Glaoui de Marrakech, sentant sa fin proche demande à son fils (et sa petite famille) de l’accompagner pour finir ses jours à Jérusalem. Judah règle alors ses affaires à Marrakech et prévoit assez d’or et de pierres précieuses pour les mener confortablement à bon port et leur permettre d’attendre sereinement que le Seigneur rappelle Messod à lui. Mais que faire de MOI ? Ils ne vont pas s’embarrasser d’un lourd et riche vêtement dont ils n’auront probablement pas l’usage. Hassiba me cède à Myriam Zrihen Cohen, la sœur de Judah, à qui je sers de vêtement d’apparat, comme le veut la coutume. Ainsi, je reste dans la famille.

En 1924, après la naissance de leur troisième fille à Jérusalem, les fonds commencent à manquer et le couple est contraint de revenir à Marrakech pour le bonheur de Chérie, la jeune nièce de Hassiba. Cette dernière, très proche de ses cousines qu’elle appelle dorénavant ses « sœurs », passe le plus clair de son temps chez les Zrihen. C’est chez sa tante que Chérie Afriat rencontre son futur époux, Raphaël Cohen, qui n’est autre que le fils de Myriam Zrihen Cohen et donc le neveu de Judah. La famille s’agrandit, les filles ainées de Hassiba et Judah se marient. C’est ensuite le tour de Chérie et Raphaël. Et c’est bien sûr MOI, La Grande Robe de Messodie, avec ma couleur chatoyante et mes fils d’or, qui pare toutes ces jeunes femmes lors de leur soirée de Henné.

Au décès de Myriam, c’est tout naturellement Chérie qui hérite de moi : j’avais été confectionnée pour sa mère, Messodie, et j’appartenais depuis des décennies à sa belle-mère, Myriam. Aujourd’hui, ma dépositaire est Madeleine Cohen Sebban, la fille de Chérie et Raphaël et petite-fille de Messodie.

Gage de mémoire et symbole de continuité d’une génération à l’autre, j’ai été portée par des dizaines de mariées. J’ai fièrement contribué à perpétuer la tradition lors de multitude de soirées de henné, celles des descendants de Messodie et de Hassiba — la dernière en date est l’arrière-arrière-petite-fille de Hassiba —, mais aussi celles de jeunes couples, parents ou amis, à qui l’on m’a prêtée.

Raquel Levy-Toledano

Petite-fille de Hassiba Zafrany Zrihen

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  • Refuser l’ostracisme touchant les artistes et les chercheurs israéliens

L’éditorial de Dominique Schnapper, présidente du mahJ

Dans le cadre de sa politique scientifique, le mahj coorganisait le colloque « Les histoires juives de Paris (Moyen Âge, Époque moderne) » réunissant 25 chercheurs à la Bibliothèque de l’Arsenal le 15, et au musée le 16 septembre 2025.

Constatant le désistement de cinq intervenants dans les semaines précédant ce colloque conçu de longue date, le mahJ a publié, le 10 septembre, un communiqué pour regretter ces désistements. Ce texte ne visait pas à dénigrer les intervenants concernés, qu’il ne nommait pas, mais relevait le caractère sans précédent de leur décision dans l’histoire du musée. 

Dans les médias et sur les réseaux sociaux, cette initiative a suscité de nombreuses réactions, parfois violentes, à l’égard des « désistants ». Or, si leur position peut être discutée, pour autant nous déplorons sans réserve la stigmatisation subie par certains d’entre eux. La vindicte n’a pas sa place dans le débat démocratique. 

Par ailleurs, le mahJ a été vivement critiqué par des universitaires reprochant au musée d’avoir rendu public le désistement de leurs collègues. Aussi m’apparait-il nécessaire d’apporter des précisions sur la position de notre institution.

Contrairement à ce qui a pu être affirmé, nous n’avons jamais prétendu que ces intervenants auraient « appelé au boycott » du colloque : nous constatations en revanche un « boycott de fait » qui, s’il relevait de décisions individuelles diversement motivées, n’en constituait pas moins une forme de position collective.

Certains intervenants nous ont reproché d’avoir dévoilé leurs correspondances privées, or il n’en est rien. En revanche, le communiqué du musée tentait de rendre compte des positions de ces intervenants, leur défection ayant une incidence publique sur la tenue du colloque.

Plusieurs associations d’historiens (AHMUF, H2C, SoPHAU, APHG) ont estimé que le communiqué du mahJ avait eu pour conséquences de porter atteinte à la liberté d’expression de ces chercheurs. Or critiquer une position ne signifie pas qu’on l’empêche de s’exprimer. En outre, si des membres de l’École des hautes études en Sciences sociales (EHESS) ont pu, en novembre 2024, voter une motion demandant « que nos institutions de recherche et d’enseignement se gardent de tout partenariat avec des établissements ou des fournisseurs israéliens » (texte toujours accessible sur le site internet de l’EHESS et dont se sont prévalus certains intervenants à notre colloque), on ne peut contester à d’autres chercheurs et responsables institutionnels le droit de publier un texte défendant une position différente, sauf à revendiquer une conception à géométrie variable de la liberté d’expression.

Par ailleurs, ces associations ont déploré la remise en cause de la liberté académique dans cette affaire, or la position exprimée par les chercheurs s’étant désistés ne relève pas de la liberté académique, mais de la liberté d’expression. En effet, après avoir accepté de participer au colloque, ceux-ci se sont dédits pour des motifs politiques (en raison notamment de la présence de logos d’institutions académiques israéliennes) et non pour des raisons scientifiques. Ils sont parfaitement libres de le faire, mais leur décision peut à bon droit être débattue politiquement.

Certains intervenants ont déclaré vouloir maintenir des relations scientifiques avec les universitaires israéliens tout en refusant toute collaboration avec leurs institutions de rattachement. Cette position nous semble relever du vœu pieux, tant il est difficile de dissocier l’échange individuel avec un chercheur de la collaboration avec l’institution à laquelle il appartient. 

Qui plus est, nous réaffirmons notre attachement au maintien des relations avec les institutions académiques israéliennes, quelles que soient les critiques qui peuvent être formulées sur la politique de leur gouvernement. De notre point de vue, rien ne serait plus délétère que d’ostraciser les chercheurs israéliens.

Or c’est précisément ce que l’on constate depuis le 7 octobre 2023, de façon plus ou moins rampante. Ainsi en Europe, les invitations d’artistes israéliens se sont pratiquement taries dans les événements culturels de toute nature, où leur présence était jusque-là significative. Il en va de même pour nombre d’universitaires. Quant aux archéologues israéliens, ils n’avaient pas le droit de mentionner leur rattachement institutionnel sur les formulaires d’inscription au congrès de l’Association européenne des archéologues (EAA), organisé en septembre dernier à Belgrade. Fort heureusement, cette disposition a suscité un tel tollé que l’EAA l’a finalement annulée. 

Le dernier avatar de ce phénomène concerne la sociologue Eva Illouz, directrice d’études à l’EHESS, déprogrammée d’un séminaire auquel elle était conviée le 21 novembre par l’université Erasmus de Rotterdam, au motif qu’elle a enseigné par le passé à l’Université hébraïque de Jérusalem.

Comme nous l’écrivions le 10 septembre, nous devons refuser, conformément à la tradition de la République des Lettres, l’ostracisme qui vise les chercheurs et les artistes.


Dominique Schnapper, présidente du mahJ

Le 6 novembre 2025

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Yohay Sponder : « Les Juifs n’ont pas autant ri depuis le 7 octobre. »
  • Les humoristes mizrahis tournent la politique en dérision

Malgré une période difficile, les humoristes juifs continuent de faire rire

Certains humoristes sont mizrahim. Prenez Yohay Sponder , par exemple, célèbre pour ses tournées dans les clubs où il arbore une étoile de David surdimensionnée. Du côté de sa mère, il est d’origine marocaine.

Après le 7 octobre, il s’est donné pour mission de faire connaître son humour au monde anglophone. « J’ai commencé à me produire davantage en anglais parce que j’ai constaté un besoin : que quelqu’un parle d’Israël, du judaïsme, de l’antisémitisme et des accusations qu’on nous porte », explique cet homme de 42 ans. « Je voulais tourner tout ça en dérision, m’en moquer, en faire une blague, parce que c’est bien de ça qu’il s’agit. »

Le président syrien n’est peut-être pas ce que vous considérez comme une source de plaisanterie, mais Isaac Gartenberg parvient à tirer un rire de l’idée que le pays pourrait être plus accueillant envers les Juifs.

Malgré son nom de famille ashkénaze, Gartenberg est un Juif syrien. Le président Al-Charia souhaite le retour des Juifs. Mais il pourrait s’agir d’un piège.

Al-Sharaa a l’air d’une ex-petite amie. « J’ai changé », dit-elle, « Je t’aime, je t’ai toujours aimé (surtout pour la stabilité économique…) »

Le dirigeant syrien tente de se distancer de son passé au sein d’Al-Qaïda. « On fait tous des erreurs de jeunesse ! », lance Gartenberg en riant, établissant une comparaison hilarante avec les fraternités étudiantes qui terrorisent les habitants. Lire la suite

Evénements en cours ou à venir

  • Limoud Day 2026 à l’ECUJE – Une parenthèse enchantée et inspirante ! – Dimanche 5 juillet 2026 de 14h à 20h

Limoud Day à l’ECUJE – Une journée pour apprendre, partager et vibrer ensemble

Dimanche 5 juillet 2026 de 14h à 20h

C’est désormais le rendez-vous incontournable de l’été ! Limoud et l’ECUJE vous proposent une parenthèse enchantée et inspirante !

Retrouvons-nous à l’ECUJE à Paris pour un après-midi d’été pas comme les autres :

Une pincée de rire, un zeste de réflexion, un soupçon de chants et de danses, une bonne dose de débats, une larme de création… Mélangez le tout et servez bien frais. 

Au menu de ce cocktail détonnant :

• Près de 30 conférences, ateliers et tables rondes

• De la musique live, de l’humour, des activités créatives

• Un cocktail festif en musique pour clôturer la journée

L’espace d’un après-midi, venez vivre un grand moment de partage et d’échanges !

Identité juive, société israélienne, intelligence artificielle, spiritualité, humour, création, bien-être, transmission, musique, théâtre ou encore écriture : le programme fait dialoguer les idées, les expériences et les générations dans une atmosphère chaleureuse et vivante.

Avec notamment David Lemler, Noémie Halioua, Loïc Hecht, André Dan, Polo Labraise, Minyan Everest, Gaëlle Atlan-Akerman, Norbert Abenaïm, Blanca Guzman, Jean-François Strouf, Maïa Brami, Nathalie Ohana, Yaël Verdière Leivant, Revital Berger Shloman, Annie Serfaty et bien d’autres invités, cette journée promet un véritable cocktail de savoirs, de rencontres, de rires et d’émotions.

Des ateliers créatifs et sensoriels, des moments musicaux et un cocktail festif viendront compléter cet après-midi placé sous le signe de la curiosité, du partage et de la joie d’apprendre ensemble. 

Réservez votre place dès maintenant car la jauge est limitée !

  • Commémoration du 84e anniversaire de la rafle du Vél d’Hiv et d’hommage aux Justes de France dimanche 19 juillet à 09h30 – Square des Martyrs Juifs du Vélodrome d’Hiver, Quai de Grenelle, 75015 Paris
Commémoration du 83e anniversaire de la rafle du Vél d’Hiv et d’hommage aux Justes de France. Crédits photo : ©Alain Azria

Nous vous proposons d’assister le dimanche 19 juillet 2026 à la cérémonie de commémoration du 84e anniversaire de la rafle du Vél d’Hiv.

Comme chaque année, le ministère des Armées, en lien avec le Crif, organise la cérémonie nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites du régime de Vichy et d’hommage aux Justes de France, commémorant la rafle du Vél d’Hiv.

Prises de paroles, témoignages, discours de Yonathan Arfi, président du Crif et Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants (MIDARM) rythmeront la cérémonie.

La cérémonie sera retransmise en direct sur les réseaux sociaux du Crif et du ministère des Armées.

Inscription et renseignements

  • « La Dernière Étreinte » : Exposition du 15 juin au 5 juillet à l’ECUJE
Photo Ifat Peer

L’ECUJE accueille La Dernière Étreinte, exposition photographique de Ifat Peer, présentée en coopération avec le Beit Tarbut de l’Hachomer Hatzair, après son inauguration à la mairie du XVIe arrondissement.

À travers une série de grands portraits et de témoignages, l’exposition donne voix à des mères ayant perdu leur enfant lors des attaques du 7 octobre 2023 en Israël. Chacune apparaît avec une photographie, un objet, un fragment de mémoire. Chacune raconte un prénom, une présence, une vie interrompue.

Loin de toute abstraction, La Dernière Étreinte restitue aux disparus leur singularité : leurs rêves, leurs gestes, leurs passions, leur manière d’habiter le monde. L’image devient ici un lieu de recueillement, mais aussi de transmission. Elle ne montre pas seulement l’absence : elle rend perceptible ce qui demeure.

En accueillant cette exposition, l’ECUJE affirme sa vocation : être un lieu de mémoire vivante, de culture, de dialogue et de conscience. Dans un temps où les récits peuvent être effacés, simplifiés ou contestés, donner place à ces visages et à ces voix est un acte essentiel.

Cette coopération avec le Beit Tarbut de l’Hachomer Hatzair permet de présenter cette exposition à l’ECUJE et de lui offrir un nouvel espace de visibilité et de transmission. Ensemble, nous souhaitons faire entendre ces voix, préserver ces mémoires et permettre au public de les rencontrer avec respect et émotion. Réserver

  • L’atelier du calligraphe – Mardi 7 juillet 2026 – 14:00 -16:00 – Musée d’art et d’histoire du Judaïsme

Enfants de 8 à 12

Un voyage emmène les enfants au pays des lettres où stèles, manuscrits, étoffes brodées, contrats de mariage, rouleaux enluminés et livres rares racontent leurs histoires. Initié à l’art de la calligraphie hébraïque, chaque enfant repart avec un marque-page sur « papier parchemin » orné de la lettre hébraïque qu’il a choisie et enluminée. Réservations

Nouvelles lectures

  • Passé d’une discorde juifs et arabes du viie siècle à nos jours, Juifs et arabes du VIIe siècle à nos jours de Michel Abitbol

La première synthèse des relations entre Juifs et Arabes du Moyen Age au XXe siècle. Une fresque éblouissante.

Le livre de Michel Abitbol, résultat de cinq ans de recherches, est une fresque qui raconte d’abord la coexistence – tantôt harmonieuse, tantôt conflictuelle – des Juifs et des Arabes du sud de la Méditerranée ; puis, à partir du XVIIIe siècle, comment les uns et les autres ont adopté des attitudes contradictoires face à la modernité ; enfin, les raisons pour lesquelles ils ont suivi des marches différentes à l’ombre du colonialisme, avant de se séparer à l’heure des indépendances et de plonger dans la guerre. L’ouvrage ne se borne pas aux rapports religieux, mais propose une tentative d’explication globale – donc historique, culturelle et politique – du drame historique qui, en cinquante ans, a mis fin à deux millénaires de vie juive dans les pays arabes. En partant de la naissance d’une civilisation judéo-arabe, Michel Abitbol brosse aussi bien le tableau d’un âge d’or médiéval que le récit des chocs ayant ravagé ces contrées : l’épreuve almohade, l’épisode des croisades, les invasions mongoles, la Reconquista, l’arrivée successive des Ottomans, des Français et des Britanniques, la montée de l’antisémitisme, les ruptures créées par les deux guerres mondiales. Ce livre constitue la première synthèse en langue française des relations entre Juifs et Arabes depuis le Moyen Age jusqu’à nos jours.

Michel Abitbol est africaniste et orientaliste de renommée mondiale. Il est professeur à l’université hébraïque de Jérusalem et a publié de nombreuses études sur les relations judéo-arabes.

Édition : Perrin, 552 pages Lire la suite

  • Les Traditions Musicales Judeo-Portugaises En France de Hervé Roten

Dans la première moitié du XVIe siècle, plusieurs familles de Marranes portugais, fuyant les persécutions de l’Inquisition, s’implantent à Bordeaux, puis dans la région de Bayonne. Considérés comme ” nouveaux chrétiens “, ils pratiquent clandestinement le judaïsme jusqu’à la reconnaissance officielle de leur religion en 1790. Ces anciennes nations portugaises …

Dans la première moitié du XVIe siècle, plusieurs familles de Marranes portugais, fuyant les persécutions de l’Inquisition, s’implantent à Bordeaux, puis dans la région de Bayonne. Considérés comme ” nouveaux chrétiens “, ils pratiquent clandestinement le judaïsme jusqu’à la reconnaissance officielle de leur religion en 1790. Ces anciennes nations portugaises du Sud-Ouest de la France ont déjà fait l’objet de nombreuses recherches historiques. Mais leurs traditions musicales n’ont jamais été étudiées de façon exhaustive. Le présent ouvrage désire combler cette lacune. Durant près de deux cents ans, les communautés juives de Bordeaux et de Bayonne ont développé une activité musicale intense. En témoignent les dix recueils de partitions et les nombreux enregistrements existant à ce jour. Ces sources, d’une ampleur sans précédent dans le domaine des musiques juives, offrent une vision à la fois diachronique et synchronique des traditions musicales judéo-portugaises en France. Engagé dans un travail de recherche doctorale, Hervé Roten a étudié durant sept années la musique des communautés judéo-portugaise sous tous ses angles. Il en a tiré de précieux renseignements dont ce livre nous en dévoile la substantifique moelle. Ce travail a été récompensé par le prix de l’Association Zadoc-Kahn en 1998.

Édition :
Jean-Claude Gawsewitch, 282 pages Lire la suite

Bonnes lectures !

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